La formation d'un espace de travail entre sciences et arts-et-métiers : le laboratoire du chimiste et le laboratoire du parfumeur au XVIIIe siècle
2006
Catherine Lanoë, Patrice Bret

Extrait de : "Le travail avant la révolution industrielle (édition électronique)"
sous la direction de Maurice Hamon ; 127e congrès national des sociétés historiques et scientifiques, Nancy, 2002

Robert Carvais, Michèle Virol, Christian Desplat, Françoise Bayard, Charlotte Guichard, Michèle Toucas-Bouteau, Dominique Flon, Ania Guini-Skliar, Jean-François Budin, Olivier Zeller, Catherine Lanoe, Patrice Bret, Marie-Odile Bernez, Bernard Lachèse, Natacha Coquery, Aude Revier, René Plessix, Daniel Berni, Jean Flouret, Yann Le Hérissé, Jean-Paul Casse, Stefano Simiz, Nadège Perry, Abdallah Fili, Marie-Hélène Colin, Jocelyne Portier, Pascal Even, Luisa Dolza, Liliane Hilaire-Perez, Zina Weygand, Koïchi Horikoshi, Pierre Vicq, François Lormant, Georges Hanne, Jean-Marc Olivier, André Ferrer, Pierre Legal
Paris, Éditions du CTHS
2006
p. 139-154
Collection : Actes des congrès nationaux des sociétés historiques et scientifiques (édition électronique)

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Le terme « laboratoire » apparaît en français au début du XVIIe siècle. Cent ans plus tard, le Dictionnaire de Richelet confirme son acception première relative à la chimie. Néanmoins, au cours du siècle des Lumières, le sens du mot s'élargit. S'il continue à désigner principalement l'espace de travail du chimiste dans l'Encyclopédie, le laboratoire devient propre à identifier aussi un espace de travail en général : dans les inventaires après décès, les notaires l'utilisent pour décrire une pièce affectée à la fabrication des cosmétiques. Cette extension se double pourtant d'une différenciation accrue, tant dans les instruments que dans les pratiques, entre le laboratoire du chimiste savant, celui de l'apothicaire, et ceux d'« artistes » tels que les parfumeurs, les teinturiers ou les confiseurs et les charcutiers...
En s'attachant aux cas de la chimie et de la parfumerie, cette étude entend mettre en évidence les caractères matériels, fonctionnels et sociaux qui autorisent l'emploi du terme « laboratoire » par les contemporains et expliquent ce glissement de la sphère savante vers le monde de la boutique. Interrogeant la multiplicité des mots qui nomment alors l'espace du travail savant et artisanal (laboratoire, cabinet, atelier, boutique...), elle analyse la pluralité des activités au sein du laboratoire du XVIIIe siècle : lieu de l'expérience, de l'enseignement et de l'expertise savante, il est aussi celui de la fabrication artisanale et du savoir-faire d'un artisan.