Les registres fiscaux : un observatoire du monde du travail à Toulon à la fin du XVIIe siècle
2006
Bernard Lachèse

Extrait de : "Le travail avant la révolution industrielle (édition électronique)"
sous la direction de Maurice Hamon ; 127e congrès national des sociétés historiques et scientifiques, Nancy, 2002

Robert Carvais, Michèle Virol, Christian Desplat, Françoise Bayard, Charlotte Guichard, Michèle Toucas-Bouteau, Dominique Flon, Ania Guini-Skliar, Jean-François Budin, Olivier Zeller, Catherine Lanoe, Patrice Bret, Marie-Odile Bernez, Bernard Lachèse, Natacha Coquery, Aude Revier, René Plessix, Daniel Berni, Jean Flouret, Yann Le Hérissé, Jean-Paul Casse, Stefano Simiz, Nadège Perry, Abdallah Fili, Marie-Hélène Colin, Jocelyne Portier, Pascal Even, Luisa Dolza, Liliane Hilaire-Perez, Zina Weygand, Koïchi Horikoshi, Pierre Vicq, François Lormant, Georges Hanne, Jean-Marc Olivier, André Ferrer, Pierre Legal
Paris, Éditions du CTHS
2006
p. 165-174
Collection : Actes des congrès nationaux des sociétés historiques et scientifiques (édition électronique)

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Toulon, port de guerre, est à la fin du XVIIe siècle une ville moyenne de plus de vingt mille habitants. Sa population fluctue au gré des événements : intérêt porté à la marine de guerre (les vaisseaux réunis en escadre stationnent alors avec leurs équipages, et ceux qui sont en construction dans son arsenal attirent une main d'œuvre allochtone) ; faits de guerre (Guerre de succession d'Espagne) ou politiques (ministère Choiseul) ; vitalité du commerce du blé, du vin, des câpres ; sans oublier la peste de 1720 qui va réduire la population de près de la moitié.
La capitation de 1695 est l'occasion d'un recensement qui se veut exhaustif, fournissant aujourd'hui les éléments permettant une approche intéressante de la société toulonnaise du XVIIIe siècle. L'instantané présenté ici est focalisé sur l'année 1697. Il est établi à partir des registres de cette dernière année, qui délivrent de précieux renseignements : nom, prénom et profession du chef de famille, montant de la taxe à laquelle il est assujetti, comment il s'est acquitté de son impôt ; nom et prénom de sa femme ; prénom, âge et sexe des enfants vivants, lieu où ils habitent. Nous avons utilisé ces archives pour établir une base de données informatique de référence, et l'avons enrichie en y ajoutant les informations issues des registres paroissiaux des baptêmes, des mariages et des sépultures, et dynamisée dans le temps par l'apport successif des registres de capitation tout au long du XVIIIe siècle. L'ensemble propose une image quasiment complète de la population de la ville du XVIIe siècle à la fin de l'Ancien Régime. Nous sommes ainsi en mesure de préciser les activités des habitants de Toulon en cette fin de XVIIe siècle, qu'ils appartiennent à la noblesse, au clergé, à la bourgeoisie, qu'ils soient commerçants, artisans, travailleurs. Plus de trois cents métiers sont ainsi répertoriés : métiers de la construction navale, petits métiers du monde artisanal, du commerce, de la pêche, de l'industrie locale, etc. Nous pourrons également évoquer l'endroit où ils habitent avec leur famille, tentant de savoir si ce lieu est en rapport avec la profession qu'ils exercent. Nous aborderons aussi leur conception du mariage, à savoir s'ils se marient entre gens de même groupe socio-professionnel. Enfin nous tenterons d'évaluer l'apport de l'immigration dans l'évolution de la population toulonnaise de l'époque.