Le travail dans les petites villes de l'Anjou et du Maine au XIXe siècle
2006
René Plessix

Extrait de : "Le travail avant la révolution industrielle (édition électronique)"
sous la direction de Maurice Hamon ; 127e congrès national des sociétés historiques et scientifiques, Nancy, 2002

Robert Carvais, Michèle Virol, Christian Desplat, Françoise Bayard, Charlotte Guichard, Michèle Toucas-Bouteau, Dominique Flon, Ania Guini-Skliar, Jean-François Budin, Olivier Zeller, Catherine Lanoe, Patrice Bret, Marie-Odile Bernez, Bernard Lachèse, Natacha Coquery, Aude Revier, René Plessix, Daniel Berni, Jean Flouret, Yann Le Hérissé, Jean-Paul Casse, Stefano Simiz, Nadège Perry, Abdallah Fili, Marie-Hélène Colin, Jocelyne Portier, Pascal Even, Luisa Dolza, Liliane Hilaire-Perez, Zina Weygand, Koïchi Horikoshi, Pierre Vicq, François Lormant, Georges Hanne, Jean-Marc Olivier, André Ferrer, Pierre Legal
Paris, Éditions du CTHS
2006
p. 205-216
Collection : Actes des congrès nationaux des sociétés historiques et scientifiques (édition électronique)

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Au cours du XIXe siècle, la Révolution industrielle bouleverse profondément le monde du travail, notamment dans les villes. Qu'en est-il dans les petites villes des départements du Maine-et-Loire, de la Mayenne et de la Sarthe ? Les listes nominatives de recensement, quand elles ont survécu aux ordres de destruction de 1887, fournissent un outil pour répondre à cette interrogation puisqu'elles permettent d'observer deux évolutions : celle du nombre des habitants et celle des structures socioprofessionnelles. La première, dans ces trois départements, traduit tant la désindustrialisation liée, notamment dans la Mayenne et dans la Sarthe, à la quasi-disparition de l'industrie textile, que l'absence de réindustrialisation ou l'insuffisance des activités de substitution. La seconde enregistre les transformations consécutives du monde du travail ainsi que l'apparition de professions nouvelles.
Certes, ces documents, même s'ils s'améliorent au fil des opérations quinquennales, cernent mieux le travail masculin que le travail féminin, l'arbitraire présidant souvent, semble-t-il, à l'inscription des professions féminines. Nombre d'épouses partagent, notamment dans les commerces d'alimentation, le travail de leur époux ; nombre de filles ne bénéficient d'aucune mention professionnelle alors que leur âge leur permet de participer à l'activité de leur père ou de leur mère. Si la « boulangère » ou la « bouchère » servent au magasin et/ou tiennent la caisse, la femme de l'artisan, « sans profession » sur le document, ne gère-t-elle pas la comptabilité ? La domestique d'un commerçant quitte-t-elle la cuisine, le ménage et l'entretien du linge pour servir au magasin ? Malgré tout, des évolutions se dessinent tant dans le travail urbain que dans les deux ensembles qui le constituent : le travail masculin et le travail féminin.