Sainte Barbe : de la patronne du pays messin à la protectrice des mineurs
2006
Marie-Hélène Colin

Extrait de : "Le travail avant la révolution industrielle (édition électronique)"
sous la direction de Maurice Hamon ; 127e congrès national des sociétés historiques et scientifiques, Nancy, 2002

Robert Carvais, Michèle Virol, Christian Desplat, Françoise Bayard, Charlotte Guichard, Michèle Toucas-Bouteau, Dominique Flon, Ania Guini-Skliar, Jean-François Budin, Olivier Zeller, Catherine Lanoe, Patrice Bret, Marie-Odile Bernez, Bernard Lachèse, Natacha Coquery, Aude Revier, René Plessix, Daniel Berni, Jean Flouret, Yann Le Hérissé, Jean-Paul Casse, Stefano Simiz, Nadège Perry, Abdallah Fili, Marie-Hélène Colin, Jocelyne Portier, Pascal Even, Luisa Dolza, Liliane Hilaire-Perez, Zina Weygand, Koïchi Horikoshi, Pierre Vicq, François Lormant, Georges Hanne, Jean-Marc Olivier, André Ferrer, Pierre Legal
Paris, Éditions du CTHS
2006
p. 291-302
Collection : Actes des congrès nationaux des sociétés historiques et scientifiques (édition électronique)

  Télécharger le document (les articles de plus de 3 ans sont gratuits)

Au XVe siècle, sainte Barbe devient la sainte protectrice du pays messin, objet d'une dévotion qui décline à partir du début du XVIIIe siècle. Mais, à cette époque, un glissement s'est déjà opéré et elle est la patronne des artilleurs grâce à l'arrivée d'artisans italiens. L'installation d'une école du Génie maintient cette spécificité jusqu'à nos jours, le caractère religieux s'effaçant au profit d'une manifestation festive. Au XIXe siècle, le culte de la sainte se déplace vers le pays minier et elle s'apparente désormais aux mineurs dont elle est la protectrice. Cet ancrage régional est tel que la région s'identifie totalement à la sainte, qui est présente aussi bien dans l'espace que dans le calendrier. Sa dimension religieuse s'estompe cependant pour être remplacée par une expression professionnelle, avec la distribution de médailles, des repas collectifs... Ainsi, sainte Barbe est devenue une composante essentielle de l'identité minière.