Du bois au charbon dans les salines lorraines, de la fin du XVIIIe siècle au début du XIXe siècle
2006
François Lormant

Extrait de : "Le travail avant la révolution industrielle (édition électronique)"
sous la direction de Maurice Hamon ; 127e congrès national des sociétés historiques et scientifiques, Nancy, 2002

Robert Carvais, Michèle Virol, Christian Desplat, Françoise Bayard, Charlotte Guichard, Michèle Toucas-Bouteau, Dominique Flon, Ania Guini-Skliar, Jean-François Budin, Olivier Zeller, Catherine Lanoe, Patrice Bret, Marie-Odile Bernez, Bernard Lachèse, Natacha Coquery, Aude Revier, René Plessix, Daniel Berni, Jean Flouret, Yann Le Hérissé, Jean-Paul Casse, Stefano Simiz, Nadège Perry, Abdallah Fili, Marie-Hélène Colin, Jocelyne Portier, Pascal Even, Luisa Dolza, Liliane Hilaire-Perez, Zina Weygand, Koïchi Horikoshi, Pierre Vicq, François Lormant, Georges Hanne, Jean-Marc Olivier, André Ferrer, Pierre Legal
Paris, Éditions du CTHS
2006
p. 359-369
Collection : Actes des congrès nationaux des sociétés historiques et scientifiques (édition électronique)

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Depuis l'âge du Bronze, la Lorraine produit du sel, et de nombreux travaux archéologiques témoignent aujourd'hui de cette intense activité appelée le « briquetage de la Seille ». Le principe de fabrication est simple : il suffit de recueillir l'eau salée suintant du sol et de la faire évaporer dans de grands chaudrons ou poêles à sel en les chauffant au bois.
Pour former le sel, les salines consomment des quantités de plus en plus considérables de bois, l'activité ne cessant de croître. À la veille de la Révolution, la consommation excède cent mille stères par an et plus de deux millions de fagots. Les étendues forestières sont néanmoins tellement importantes que l'approvisionnement des salines en combustible utilisé pour cuire l'eau salée semble illimité. Le souci d'économie ne représente donc pas encore une préoccupation constante. Cependant, peu à peu, les récriminations des populations proches des salines et le prix des matières premières entraînent la Ferme générale à chercher de nouvelles solutions.
L'adoption d'un combustible minéral comme la houille ou le charbon est le moyen le plus économique et le plus avantageux. Progressivement, la houille s'impose et accompagne le passage de l'industrie salicole à celle de l'industrie chimique dans le premier quart du XIXe siècle.