Les industries rurales en Midi-Pyrénées pendant le XIXe siècle
2006
Jean-Marc Olivier

Extrait de : "Le travail avant la révolution industrielle (édition électronique)"
sous la direction de Maurice Hamon ; 127e congrès national des sociétés historiques et scientifiques, Nancy, 2002

Robert Carvais, Michèle Virol, Christian Desplat, Françoise Bayard, Charlotte Guichard, Michèle Toucas-Bouteau, Dominique Flon, Ania Guini-Skliar, Jean-François Budin, Olivier Zeller, Catherine Lanoe, Patrice Bret, Marie-Odile Bernez, Bernard Lachèse, Natacha Coquery, Aude Revier, René Plessix, Daniel Berni, Jean Flouret, Yann Le Hérissé, Jean-Paul Casse, Stefano Simiz, Nadège Perry, Abdallah Fili, Marie-Hélène Colin, Jocelyne Portier, Pascal Even, Luisa Dolza, Liliane Hilaire-Perez, Zina Weygand, Koïchi Horikoshi, Pierre Vicq, François Lormant, Georges Hanne, Jean-Marc Olivier, André Ferrer, Pierre Legal
Paris, Éditions du CTHS
2006
p. 383-390
Collection : Actes des congrès nationaux des sociétés historiques et scientifiques (édition électronique)

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Les phénomènes d'industrialisation prennent des formes variables et complexes en France. Après une recherche systématique des grandes usines conformes au modèle anglais, force fut de constater leur rareté, en particulier dans le Sud. Toutefois, la formulation du concept de proto-industrie par Franklin Mendels confirma l'existence de vastes nébuleuses textiles rurales dépendant de villes-centres donneuses d'ordres. Plus : quelques chercheurs ont repéré, dans l'arc jurassien, des industries pastorales totalement indépendantes des marchands-fabricants citadins, mais capables de dynamisme.
En Midi-Pyrénées, les historiens ont souligné très tôt l'existence d'espaces manufacturiers ruraux. Ils évoquent plus particulièrement les forges à la catalane, les petits centres textiles, le travail de la corne ou du bois, les papeteries, la poterie et la ganterie. Ce dynamisme concerne plutôt les marges montagneuses : Pyrénées, Montagne Noire et Causses. Cependant, la plaine centrale offre aussi plusieurs exemples significatifs, comme la chapellerie du Tarn-et-Garonne.
Au total, frappante est la densité des petites industries campagnardes. La réévaluation de leur poids économique s'avère donc nécessaire. En effet, le travail dispersé dans les fermes-ateliers et la pluri-activité ont fréquemment échappé aux grandes enquêtes statistiques du XIXe siècle. Cette relecture des économies rurales dans leur complexité remet en cause la présentation classique d'un Sud peu dynamique et sous-industrialisé. En réalité, l'industrie est omniprésente tout en demeurant très discrète dans le paysage.