Capitalisme et rapport au temps Essai sur la chronophobie du capital
2007
Alain BIHR

Extrait de : "Temps social, temps vécu (édition électronique)"
Sous la direction de Claude Mazauric ; 129e congrès national des sociétés historiques et scientifiques, Besançon, 2004

Alain BIHR, Emmanuel FAIVRE, Jean-Claude HORNUS, Philippe MANNEVILLE, Nadine RIBET, Olivier VERNIER, Benoist PIERRE, Christine BARRALIS, Jean-Daniel MOREROD, Bruno RESTIF, Christine PEREZ, Marie-Christine LACHESE, Philippe LARDIN, Robert CHAMBOREDON, Olivier TROUBAT, Théotiste JAMAUX-GOHIER, Olivier CODINA, Michel VERNUS, Corinne MARACHE, Aimée MOUTET, Nicolas HATZFELD, Roselyne PROST, Piero-D. GALLORO, Pascal RAGGI, Claude ROCHETTE, David LAMOUREUX, Sophie BERNARD, Sébastien RICHEZ, Béatrice EYSERMANN, Thierry WENDLING, François BAUDELAIRE, Pierre CHARBONNIER, Thierry COUZIN, Bernard LACHESE, Michèle TOUCAS-BOUTEAU, Yvan COMBEAU, Gérard BODE, Jacques GAVOILLE, Michel MIEUSSENS, Anne THOMAZEAU
Paris, Éditions du CTHS
2007
p. 11-20
Collection : Actes des congrès nationaux des sociétés historiques et scientifiques (édition électronique)
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Cet article présente les éléments d’analyse du rapport singulier au temps institué par le capitalisme épars dans l’oeuvre de Marx. L’idée générale qui s’en dégage est que, relativement aux sociétés antérieures, le capitalisme a littéralement bouleversé notre rapport au temps, dans ses trois dimensions constitutives. En instituant une nouvelle dialectique de
l’invariance structurelle à travers le changement
permanent, il a révolutionné notre rapport au passé, en tendant à dévaloriser toute espèce de tradition. En instituant la nécessité d’une mesure du temps, le capitalisme n’a pas moins révolutionné notre rapport au présent, en le réduisant à un continuum homogène. En instituant la nécessité d’une économie du temps,
donc un impératif de la vitesse, le capitalisme finit par révolutionner notre rapport à l’avenir ; le seul « temps réel » finit par y être l’instant présent. Le capitalisme se révèle ainsi en définitive essentiellement chronophobe.