L'évolution du nombre de jours chômés à la fin du Moyen Âge : enjeux spirituels et économiques
2007
Christine BARRALIS

Extrait de : "Temps social, temps vécu (édition électronique)"
Sous la direction de Claude Mazauric ; 129e congrès national des sociétés historiques et scientifiques, Besançon, 2004

Alain BIHR, Emmanuel FAIVRE, Jean-Claude HORNUS, Philippe MANNEVILLE, Nadine RIBET, Olivier VERNIER, Benoist PIERRE, Christine BARRALIS, Jean-Daniel MOREROD, Bruno RESTIF, Christine PEREZ, Marie-Christine LACHESE, Philippe LARDIN, Robert CHAMBOREDON, Olivier TROUBAT, Théotiste JAMAUX-GOHIER, Olivier CODINA, Michel VERNUS, Corinne MARACHE, Aimée MOUTET, Nicolas HATZFELD, Roselyne PROST, Piero-D. GALLORO, Pascal RAGGI, Claude ROCHETTE, David LAMOUREUX, Sophie BERNARD, Sébastien RICHEZ, Béatrice EYSERMANN, Thierry WENDLING, François BAUDELAIRE, Pierre CHARBONNIER, Thierry COUZIN, Bernard LACHESE, Michèle TOUCAS-BOUTEAU, Yvan COMBEAU, Gérard BODE, Jacques GAVOILLE, Michel MIEUSSENS, Anne THOMAZEAU
Paris, Éditions du CTHS
2007
p.88-98
Collection : Actes des congrès nationaux des sociétés historiques et scientifiques (édition électronique)
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Parmi les humanistes parisiens du règne de Charles VI, plusieurs voix s'élèvent pour dénoncer la multiplication des jours chômés, la plus célèbre étant celle de Nicolas de Clamanges, dans son traité Contre l'institution des fêtes nouvelles (1413). S'inscrivant en
contre-pied de la tradition ecclésiale qui favorisait le développement du culte des saints, Clamanges et ses compagnons dénoncent les conséquences négatives sur le plan spirituel du chômage des laïcs et posent la question de la définition du temps « christianisé ».
Ils évoquent également, à l'appui de leur thèse, les difficultés matérielles causées aux laïcs par ces jours chômés. Si celles-ci méritent d'être nuancées par l'historien, l'enjeu économique est réel et les pressions exercées par les laïcs sur les autorités ecclésiastiques pour un aménagement du calendrier sont indéniables.
L'étude des statuts synodaux et calendriers des diocèses de la province ecclésiastique de Sens aux XIVe et XIVe siècle révèle une prise en compte diversifiée de ces enjeux, mais la réduction du nombre de jours chômés ne semble pas être la solution privilégiée par l'Église avant la fin du Moyen Âge.