Le temps colonial
mesure des hommes et de l’espace en Afrique noire au tournant du XXe siècle - 2007
Marie-Christine LACHESE

Extrait de : "Temps social, temps vécu (édition électronique)"
Sous la direction de Claude Mazauric ; 129e congrès national des sociétés historiques et scientifiques, Besançon, 2004

Alain BIHR, Emmanuel FAIVRE, Jean-Claude HORNUS, Philippe MANNEVILLE, Nadine RIBET, Olivier VERNIER, Benoist PIERRE, Christine BARRALIS, Jean-Daniel MOREROD, Bruno RESTIF, Christine PEREZ, Marie-Christine LACHESE, Philippe LARDIN, Robert CHAMBOREDON, Olivier TROUBAT, Théotiste JAMAUX-GOHIER, Olivier CODINA, Michel VERNUS, Corinne MARACHE, Aimée MOUTET, Nicolas HATZFELD, Roselyne PROST, Piero-D. GALLORO, Pascal RAGGI, Claude ROCHETTE, David LAMOUREUX, Sophie BERNARD, Sébastien RICHEZ, Béatrice EYSERMANN, Thierry WENDLING, François BAUDELAIRE, Pierre CHARBONNIER, Thierry COUZIN, Bernard LACHESE, Michèle TOUCAS-BOUTEAU, Yvan COMBEAU, Gérard BODE, Jacques GAVOILLE, Michel MIEUSSENS, Anne THOMAZEAU
Paris, Éditions du CTHS
2007
p. 134-144
Collection : Actes des congrès nationaux des sociétés historiques et scientifiques (édition électronique)
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La colonisation du centre de l’Afrique accapare l’énergie des militaires, scientifiques et commerçants, aventuriers contemporains de l’inconnu. Le cadre géographique, espace et hommes, est rempli de mystères. La civilisation occidentale veut comprendre et inclure dans sa sphère d’influence ces régions nouvelles, et se trouve confrontée rapidement au problème de la mesure du temps : il ne s’agit plus de contrôler, mais de s’adapter, et chaque acteur de la
colonisation se verra amener à subir plus qu’à imposer un rythme de vie, de mouvement, d’actions représentant une mesure spécifique de la notion de temps. À ce temps des Européens, adapté à l’Afrique, se joint celui des Africains qui vivent avec le temps climat, le temps saison : des pluies, de la sécheresse, des activités traditionnelles. La rencontre de ces différents systèmes de repères, correspondant à deux grandes civilisations particulières, pertube les uns et les autres : le temps devient problème, obstacle ; il n’est pas utilisé comme il le devrait et la situation devient exceptionnelle. Dans cette deuxième partie, les sources originales des archives du docteur Joseph Briand, médecin en Oubangui-Chari de 1898 à 1900, qui dans de nombreuses lettres, un journal, un
carnet médical et quelques petits carnets de voyage a consigné des descriptions, remarques, notes concernant la vie quotidienne et les événements importants auxquels il a participé, sont, comme dans la première partie, le fonds du travail de recherche sur ce sujet. Après avoir pris le temps d’étudier le temps en tant que mesure des choses à l’échelle humaine, nous verrons la mesure de l’espace : outil des explorateurs, atout ou handicap politique ou encore élastique, rapprochant, éloignant, isolant l’homme de ses racines. Il s’agit alors du temps vécu, spécialisé et
non simple mesure scientifique ; celui de l’histoire, de la révolte, de l’oubli, voire des désillusions : échec d’une page de la colonisation.