Temps perdu, temps retrouvé, l’activité des négociants français à Cadix dans la seconde moitié du XVIIIe siècle
2007
Robert CHAMBOREDON

Extrait de : "Temps social, temps vécu (édition électronique)"
Sous la direction de Claude Mazauric ; 129e congrès national des sociétés historiques et scientifiques, Besançon, 2004

Alain BIHR, Emmanuel FAIVRE, Jean-Claude HORNUS, Philippe MANNEVILLE, Nadine RIBET, Olivier VERNIER, Benoist PIERRE, Christine BARRALIS, Jean-Daniel MOREROD, Bruno RESTIF, Christine PEREZ, Marie-Christine LACHESE, Philippe LARDIN, Robert CHAMBOREDON, Olivier TROUBAT, Théotiste JAMAUX-GOHIER, Olivier CODINA, Michel VERNUS, Corinne MARACHE, Aimée MOUTET, Nicolas HATZFELD, Roselyne PROST, Piero-D. GALLORO, Pascal RAGGI, Claude ROCHETTE, David LAMOUREUX, Sophie BERNARD, Sébastien RICHEZ, Béatrice EYSERMANN, Thierry WENDLING, François BAUDELAIRE, Pierre CHARBONNIER, Thierry COUZIN, Bernard LACHESE, Michèle TOUCAS-BOUTEAU, Yvan COMBEAU, Gérard BODE, Jacques GAVOILLE, Michel MIEUSSENS, Anne THOMAZEAU
Paris, Éditions du CTHS
2007
p. 162-174
Collection : Actes des congrès nationaux des sociétés historiques et scientifiques (édition électronique)
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De 1748 à 1786, la société de commerce dirigée par les familles Gilly et Fornier, originaires respectivement de Montpellier et Nîmes, a fait partie des principaux établissements de la Nation française présents à Cadix.
Déposé aux Archives départementales du Gard, le fonds Fornier de Clausonne contient une
partie de la correspondance commerciale et particulière échangée entre les commanditaires et les gérants, ainsi que les pièces comptables (bilans, résumés de profits et pertes, etc.) adressées régulièrement aux premiers nommés, de 1768 à 1786.

Ces sources privées, ainsi que le dépouillement de la correspondance consulaire (Archives de Nantes, archives de la Marine aux Archives nationales), permettent de connaître les rythmes de travail et de l’activité multiforme des négociants établis à Cadix, avec leurs contraintes et autres aléas ; la tenue des écritures, d’une régularité et d’une qualité exceptionnelles, a pu procurer aux négociants l’illusion d’encadrer, de maîtriser le temps des affaires dont l’allure syncopée contraste avec la périodicité des envois des missives et autres pièces comptables.
La spécificité du négoce de Cadix, articulation fondamentale entre l’Europe et les Indes Occidentales, amène à s’interroger sur la dimension essentielle que constitue le temps, nombre d’affaires estimées à priori mirifiques (prêts à la grosse aventure...) s’avérant
parfois – sinon souvent – mauvaises, en raison de leur durée. Le commerce des Indes, directement ou non, était un « commerce de patience ».