Temps des mineurs, temps des ingénieurs dans les mines de fer de Lorraine (1945-1975)
2007
Pascal RAGGI

Extrait de : "Temps social, temps vécu (édition électronique)"
Sous la direction de Claude Mazauric ; 129e congrès national des sociétés historiques et scientifiques, Besançon, 2004

Alain BIHR, Emmanuel FAIVRE, Jean-Claude HORNUS, Philippe MANNEVILLE, Nadine RIBET, Olivier VERNIER, Benoist PIERRE, Christine BARRALIS, Jean-Daniel MOREROD, Bruno RESTIF, Christine PEREZ, Marie-Christine LACHESE, Philippe LARDIN, Robert CHAMBOREDON, Olivier TROUBAT, Théotiste JAMAUX-GOHIER, Olivier CODINA, Michel VERNUS, Corinne MARACHE, Aimée MOUTET, Nicolas HATZFELD, Roselyne PROST, Piero-D. GALLORO, Pascal RAGGI, Claude ROCHETTE, David LAMOUREUX, Sophie BERNARD, Sébastien RICHEZ, Béatrice EYSERMANN, Thierry WENDLING, François BAUDELAIRE, Pierre CHARBONNIER, Thierry COUZIN, Bernard LACHESE, Michèle TOUCAS-BOUTEAU, Yvan COMBEAU, Gérard BODE, Jacques GAVOILLE, Michel MIEUSSENS, Anne THOMAZEAU
Paris, Éditions du CTHS
2007
p. 269-278
Collection : Actes des congrès nationaux des sociétés historiques et scientifiques (édition électronique)
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Le processus de modernisation des mines de fer de Lorraine, qui reprend au lendemain de la Seconde Guerre mondiale et se poursuit jusqu’au milieu des années 1970, transforme l’organisation de la journée de travail des mineurs. Précisément, la mécanisation a changé les rythmes des opérations liées à l’extraction du minerai car les ouvriers ont dû s’adapter aux cadences et aux performances des nouvelles machines. Parallèlement, les modifications de l’activité minière proviennent aussi du nouveau procès de travail mis au point par les ingénieurs des mines.
Les horaires de travail des mineurs de fer sont alors adaptés au rythme de l’évolution technique. Chez les ouvriers, cette adaptation s’exprime par la volonté de préserver la convivialité ouvrière avec également une meilleure protection contre les accidents et les
risques sanitaires et par la lutte contre une trop forte pression de l’encadrement. Pour les ingénieurs, l’innovation doit s’effectuer conformément aux principes de la recherche d’un meilleur rendement, tout en préservant les conditions de sécurité du personnel. Ces deux démarches différentes voire parfois antagonistes s’associent pour donner son originalité au temps de travail dans les mines de fer mécanisées.
L’utilisation des revues scientifiques et techniques qui publient les articles des ingénieurs des mines permet de comprendre les méthodes et les modalités de la gestion du temps. Leur confrontation avec les avis exprimés dans le journal syndical des mineurs de fer CGT, Le Sous-Sol Lorrain, à l’époque de leur application ainsi qu’avec les souvenirs professionnels
des anciens mineurs recueillis après la fermeture des mines de fer lorraines apporte une vision plus détaillée des conséquences de la mécanisation sur les horaires de travail.