« Un temps pour chaque chose sous les cieux » (Ecclé. 3, 1) : temps et spiritualité dans les monastères de la Russie ancienne
2007
Michèle TOUCAS-BOUTEAU

Extrait de : "Temps social, temps vécu (édition électronique)"
Sous la direction de Claude Mazauric ; 129e congrès national des sociétés historiques et scientifiques, Besançon, 2004

Alain BIHR, Emmanuel FAIVRE, Jean-Claude HORNUS, Philippe MANNEVILLE, Nadine RIBET, Olivier VERNIER, Benoist PIERRE, Christine BARRALIS, Jean-Daniel MOREROD, Bruno RESTIF, Christine PEREZ, Marie-Christine LACHESE, Philippe LARDIN, Robert CHAMBOREDON, Olivier TROUBAT, Théotiste JAMAUX-GOHIER, Olivier CODINA, Michel VERNUS, Corinne MARACHE, Aimée MOUTET, Nicolas HATZFELD, Roselyne PROST, Piero-D. GALLORO, Pascal RAGGI, Claude ROCHETTE, David LAMOUREUX, Sophie BERNARD, Sébastien RICHEZ, Béatrice EYSERMANN, Thierry WENDLING, François BAUDELAIRE, Pierre CHARBONNIER, Thierry COUZIN, Bernard LACHESE, Michèle TOUCAS-BOUTEAU, Yvan COMBEAU, Gérard BODE, Jacques GAVOILLE, Michel MIEUSSENS, Anne THOMAZEAU
Paris, Éditions du CTHS
2007
p.386-394
Collection : Actes des congrès nationaux des sociétés historiques et scientifiques (édition électronique)
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Dans la Russie ancienne, la notion de temps est très liée à la religion. Le temps d’un moine se décline tout au long de la journée sous divers aspects : temps des prières, temps des gratifications, temps de la lecture et de l’écriture, temps de la pénitence et de l’agriculture... La démarche spirituelle monastique en révèle toute la dimension et les paradoxes en liaison avec l’éternité et le monde transitoire. Les fêtes chrétiennes ne sont pas seulement comme la commémoration d’événements de l’histoire sacrée, mais, en s’accomplissant à nouveau chaque année au même moment, elles existent dans l’éternité et le quotidien, à l’image d’autres moments moins solennels qui se répètent ; ainsi, le temps de l’Église semble hors du temps.
Combiné à la notion d’espace, il s’appréhende quelque peu différemment, dans le monachism russe du XVe siècle avec le développement du courant hésychaste qui donne à la démarche spirituelle une dimension supérieure marquée par le silence et la prière continue.