Henri Bouasse et la défense des facultés de province au début du XXe siècle
2007
Robert LOCQUENEUX

Extrait de : "Transmission et diffusion des savoirs dans le sud de la France (édition électronique)"
Sous la direction de Paul BROUZENG et Marie-Françoise DIOT ; 126e congrès national des sociétés historiques et scientifiques, Toulouse, 2001

Jean-Loup d'HONDT, Daniel DAVID, Lúcio CRAVEIRO DA SILVA, Raquel GONÇALVES, Pierre LASZLO, Hernani L. S. MAIA, Myriam SCHEIDECKER-CHEVALLIER, Suzanne DÉBARBAT, Évelyne BROUZENG-LAVIE, Robert LOCQUENEUX, Laetitia MAISON, Claudine ADAM, Patrick FERTÉ, Corinne CASSE et Véronique GINOUVÈS, Simone MAZAURIC, Jacques MOURIER, Pascale RIVIÉRE, Michel TAILLEFER, Franck VIDAL
Paris, Éditions du CTHS
2007
p. 88-98
Collection : Actes des congrès nationaux des sociétés historiques et scientifiques (édition électronique)

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De 1908 à 1932, Henri Bouasse ne cesse de dénoncer la faiblesse des facultés de province et de tonner contre les prétentions de la Sorbonne ; il joint au tableau de leurs ruines un projet pour leur redressement. Nous esquissons ici ce plan d'une réorganisation de la recherche et de l'enseignement universitaires et montrons comment celui-ci pouvait prétendre tout à la fois à la restauration des facultés de province et au relèvement de la Sorbonne enfin corrigée de ce que Bouasse appelle sa « bouffissure ».
Selon Bouasse, au lieu de laisser végéter des facultés complètes, squelettiques, mal outillées et dispensant un enseignement au rabais, il conviendrait de créer dans chaque grande ville universitaire de puissants instituts spécialisés, lesquels permettraient de développer les synergies nécessaires à l'épanouissement d'une recherche de qualité et d'un enseignement véritablement supérieur.
Nous montrons que non content de proposer une défense des facultés de province et, d'une certaine manière, de la Sorbonne contre elle-même, Bouasse donne corps à cette défense dans son propre domaine : pour ce faire, il accouche d'un cours de physique dans la lignée de ceux des Nollet et des Verdet, d'un cours de mécanique rationnelle et expérimentale et des quarantecinq volumes de la « Bibliothèque scientifique à l'usage des ingénieurs et des physiciens ».
Chaque ouvrage de cette bibliothèque est à la fois une propédeutique à la pratique de la recherche et un approfondissement de la formation de l'ingénieur ; il donne aussi les moyens de porter un regard de physicien sur la nature et sur le monde technique.
C'est cette oeuvre immense qui légitime ses multiples attaques des institutions universitaires et son combat pour une autre université, c'est elle qui excuse – s'il se peut – les jugements souvent peu amènes que notre professeur toulousain porte sur un grand nombre de ses collègues.