Le tropisme espagnol vers l’université de Toulouse et le collège de Sorèze au XVIIIe siècle
2007
Patrick FERTÉ

Extrait de : "Transmission et diffusion des savoirs dans le sud de la France (édition électronique)"
Sous la direction de Paul BROUZENG et Marie-Françoise DIOT ; 126e congrès national des sociétés historiques et scientifiques, Toulouse, 2001

Jean-Loup d'HONDT, Daniel DAVID, Lúcio CRAVEIRO DA SILVA, Raquel GONÇALVES, Pierre LASZLO, Hernani L. S. MAIA, Myriam SCHEIDECKER-CHEVALLIER, Suzanne DÉBARBAT, Évelyne BROUZENG-LAVIE, Robert LOCQUENEUX, Laetitia MAISON, Claudine ADAM, Patrick FERTÉ, Corinne CASSE et Véronique GINOUVÈS, Simone MAZAURIC, Jacques MOURIER, Pascale RIVIÉRE, Michel TAILLEFER, Franck VIDAL
Paris, Éditions du CTHS
2007
p. 115-129
Collection : Actes des congrès nationaux des sociétés historiques et scientifiques (édition électronique)

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Tout au long du Moyen Âge et de la Renaissance, Toulouse exerça une forte attraction sur la jeunesse hispanique. Un dépouillement systématique des archives de l’université de Toulouse a permis de démontrer qu’un tel chemin éducatif traditionnel a été réactivé et même décuplé durant le XVIIIe siècle pour des raisons politique intra-ibériques : l’assaut massif commença en effet après les décrets de Nueva Planta et l’instauration définitive d’un roi Bourbon procastillan sur le trône d’Espagne. 7 à 800 étudiants, catalans à plus de 90 %, n’ont pas pardonné à Philippe V la suppression de leurs universités traditionnelles et, boycottant l’université de Cervera, refluèrent vers les facultés de Toulouse qui devinrent ainsi, pour quelques décennies, un campus de rechange malgré des interdictions royales répétées. Ce phénomène méconnu constitue une sorte de « résistance passive » de l’élite catalane. Bien différente semble la ruée des jeunes Espagnols vers la pédagogie novatrice du collège bénédictin de Sorèze après 1758 : cet afflux concerne surtout les enfants de l’élite castillane et basque, et ressortit pleinement à la mode de l’afrancesamiento culturel. L’une et l’autre de ces migrations transpyrénéennes sont de toute façon concomitantes et éclairent les ressorts des stratégies éducatives ; au-delà, elles forcent à s’interroger sur les influences culturelles réciproques qui n’ont pas pu ne pas résulter de ces échanges franco-espagnols si intenses au siècle des Lumières.