La difficile naissance de la presse provinciale au XVIIIe siècle
l'exemple des Annonces de Toulouse (1759-1761) - 2007
Michel TAILLEFER

Extrait de : "Transmission et diffusion des savoirs dans le sud de la France (édition électronique)"
Sous la direction de Paul BROUZENG et Marie-Françoise DIOT ; 126e congrès national des sociétés historiques et scientifiques, Toulouse, 2001

Jean-Loup d'HONDT, Daniel DAVID, Lúcio CRAVEIRO DA SILVA, Raquel GONÇALVES, Pierre LASZLO, Hernani L. S. MAIA, Myriam SCHEIDECKER-CHEVALLIER, Suzanne DÉBARBAT, Évelyne BROUZENG-LAVIE, Robert LOCQUENEUX, Laetitia MAISON, Claudine ADAM, Patrick FERTÉ, Corinne CASSE et Véronique GINOUVÈS, Simone MAZAURIC, Jacques MOURIER, Pascale RIVIÉRE, Michel TAILLEFER, Franck VIDAL
Paris, Éditions du CTHS
2007
p. 172-180
Collection : Actes des congrès nationaux des sociétés historiques et scientifiques (édition électronique)

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Le premier journal véritablement toulousain a été fondé le 12 juin 1759 sous le titre d'Annonces, affiches et avis divers. Sa disparition précoce, au terme de deux ans d'une existence agitée, amène à s'interroger sur les obstacles auxquels se heurtait alors la presse provinciale naissante.
Les informations procurées par le journal lui-même, ou provenant de la direction de la Librairie, montrent que les Annonces furent dans un premier temps victimes de la complexité et de la précarité de leur situation juridique. Les pouvoirs locaux (le juge mage, le parlement) et l'administration royale se disputèrent le droit d'autoriser leur publication, avant de laisser le champ libre au propriétaire parisien du privilège général des Affiches ; celui-ci traita avec l'imprimeur-libraire Nicolas Caranove, qui parvint ainsi à évincer le fondateur de la feuille, l'avocat Dominique Donat. Mais faute d'un nombre suffisant de souscripteurs, l'entreprise se révéla peu profitable et s'interrompit vraisemblablement dès la fin de 1761. Cet échec s'explique en dernière analyse par l'absence de liberté d'expression, qui empêchait les rédacteurs du journal de répondre aux attentes d'un public avide d'informations politiques que la censure interdisait de lui fournir.