Toponymie cadastrale, toponymie vécue
l’appropriation du terroir de Callian (Var) par ses habitants - 2007
Caroline MARIACCI-ROCHE

Extrait de : "Géographie et cartographie historique : méthodes et résultats (édition électronique)"
Sous la direction de Monique PELLETIER ; 126e congrès national des sociétés historiques et scientifiques, Toulouse, 2001

Monique PELLETIER, Georges PICHARD, Robert SOURP, Christine VERGNOLLE MAINAR, Alain CAZENAVE-PIARROT, Caroline MARIACCI, Pierre VIDAL, Françoise ALBERTINI, Marie-Laure NIVET, Don-Mathieu SANTINI, Piero D. GALLORO et Nouredine CHERIGUENE, Gilles SELLERON, Julien MAHOUDEAU
Paris, Éditions du CTHS
2007
p. 54-65
Collection : Actes des congrès nationaux des sociétés historiques et scientifiques (édition électronique)

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L’étude comparée des noms de quartiers répertoriés dans les cadastres des XVIe, XVIIe et XVIIIe siècles du village varois de Callian permet de démontrer d’une part l’existence de quartiers dont les noms se maintiennent à travers les siècles, preuve de l’existence d’un patrimoine microtoponymique dans lequel se reconnaît l’ensemble de la communauté villageoise, et d’autre part le fort taux de renouvellement des noms des sous-quartiers, des simples parcelles ou des espaces non cultivés, dont la présence accidentelle ou marginale dans le cadastre est le témoin d’usages plus réduits et plus personnels. Le cadastre dit napoléonien (1839) constitue un tournant et remodèle l’organisation toponymique du territoire par sa
volonté de rationalisation : la commune est divisée en quartiers à chacun desquels est attaché un nom, désormais fixé sur une carte. Les noms donnés sont issus du stock microtoponymique local, mais la subdivision des quartiers entraîne celle de leurs noms selon des modes ne correspondant pas à la réalité linguistique locale et conduit à des créations artificielles. Les choix faits conduisent à un certain appauvrissement toponymique.
Une enquête menée auprès d’un échantillon de Callianais permet de montrer le succès qu’ont connus les noms de lieux mis en place par le cadastre napoléonien, essentiels dans le discours des habitants et donc dans leur vision du territoire de la commune. On relève cependant la survie du patrimoine toponymique issu de l’Ancien Régime et le maintien d’un certain nombre de microtoponymes non officiels.