Des hommes du sud à la conquête d’autres suds
2007
Martine CUTTIER

Extrait de : "Culture et modes de sociabilité méridionaux (édition électronique)"
Sous la direction de Jean-Pierre AMALRIC ; 126e congrès national des sociétés historiques et scientifiques, Toulouse, 2001

Lucien ABENON, Jean-Charles BENZAKEN, Jacques de CAUNA, Martine CUTTIER, Vincent HUYGHES- BELROSE, Claude MEHATS, Roger TEXIER, Marc BORDIGONI, Colette BOUVIER- REYNAUD, Jean-Paul CASSE, Carine CALASTRENC, Georges COURTES, Jérôme CROYET, Emmanuel FILHOL, Michel PENNANEACH, Jean-Marc COMBE, Jean-Yves Le NAOUR, Pierre PURSEIGLE, Eric SAVARESE, Colette ZYTNICKI
Paris, Éditions du CTHS
2007
p. 48-60
Collection : Actes des congrès nationaux des sociétés historiques et scientifiques (édition électronique)

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Des hommes du sud pyrénéen comme Joseph Gallieni et Joseph Joffre, nés au milieu du XIXe siècle, issus des classes intermédiaires et suffisamment doués pour pouvoir poursuivre des études supérieures, sont devenus officiers respectivement dans l’infanterie de marine et le génie au sortir des écoles militaires de Saint-Cyr et de Polytechnique. Le double système de
la sélection intellectuelle par le concours, et sociale par l’argent ou les bourses (cas de Gallieni) leur permet une ascension par le biais de la méritocratie. Après l’apprentissage de la guerre pour la défense du territoire français sur ses marges du nord et de l’est au cours de la campagne de 1870, ils participent à la conquête de suds lointains, au-delà des mers et du
Sahara. En effet, à partir de 1880, la France républicaine se lance dans la conquête coloniale.
Pour cela, il faut des volontaires et des troupes spécifiques. Gallieni et Joffre, véritables professionnels, en accord avec le pouvoir politique et soutenus par une fraction de l’opinion publique, conquièrent et bâtissent l’Empire. Ils doivent vaincre de fortes résistances et rallier les populations, les « pacifier » afin de les organiser au sein de l’État colonial pour permettre la mise en valeur économique des espaces conquis.
Leurs exploits dans les suds et pour la défense de la patrie, au cours de la Grande Guerre, leur ont valu une héroïsation dans la tradition de la « statuomanie » républicaine lors de l’inauguration d’un monument, à Saint-Gaudens, en 1951.