Femmes du village, hommes immigrés et familles gitanes
les trois âges d’une main-d'oeuvre saisonnière en Lubéron (1950-1999) - 2007
Marc BORDIGONI

Extrait de : "Culture et modes de sociabilité méridionaux (édition électronique)"
Sous la direction de Jean-Pierre AMALRIC ; 126e congrès national des sociétés historiques et scientifiques, Toulouse, 2001

Lucien ABENON, Jean-Charles BENZAKEN, Jacques de CAUNA, Martine CUTTIER, Vincent HUYGHES- BELROSE, Claude MEHATS, Roger TEXIER, Marc BORDIGONI, Colette BOUVIER- REYNAUD, Jean-Paul CASSE, Carine CALASTRENC, Georges COURTES, Jérôme CROYET, Emmanuel FILHOL, Michel PENNANEACH, Jean-Marc COMBE, Jean-Yves Le NAOUR, Pierre PURSEIGLE, Eric SAVARESE, Colette ZYTNICKI
Paris, Éditions du CTHS
2007
p. 100-113
Collection : Actes des congrès nationaux des sociétés historiques et scientifiques (édition électronique)

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En quarante années la cueillette des cerises dans le Lubéron a mobilisé des populations différentes : jusqu’en 1965 environ, des femmes du village plus quelques saisonniers suffisaient à la tâche ; l’accroissement de la production et la disparition de cette main-d’oeuvre traditionnelle ont incité les paysans à faire appel à des hommes, immigrés d’Espagne ou du Maroc. À partir des années 1970 des familles de “ Gitans ” venues principalement du Centre de la France les ont remplacés. Avantageusement aux yeux des paysans : cette main d’oeuvre familiale s’organise d’elle-même, la négociation quant au travail se fait avec le seul pater familias, elle est logée, dépense son argent dans le “ pays ” (le village puis en France), etc. La mécanisation des récoltes tendrait à réduire les besoins de main d’oeuvre saisonnière sans
toutefois les réduire à néant.