Carmen de Montezuma et la communauté mexicaine de Bordeaux
2007
Jean-Paul CASSE

Extrait de : "Culture et modes de sociabilité méridionaux (édition électronique)"
Sous la direction de Jean-Pierre AMALRIC ; 126e congrès national des sociétés historiques et scientifiques, Toulouse, 2001

Lucien ABENON, Jean-Charles BENZAKEN, Jacques de CAUNA, Martine CUTTIER, Vincent HUYGHES- BELROSE, Claude MEHATS, Roger TEXIER, Marc BORDIGONI, Colette BOUVIER- REYNAUD, Jean-Paul CASSE, Carine CALASTRENC, Georges COURTES, Jérôme CROYET, Emmanuel FILHOL, Michel PENNANEACH, Jean-Marc COMBE, Jean-Yves Le NAOUR, Pierre PURSEIGLE, Eric SAVARESE, Colette ZYTNICKI
Paris, Éditions du CTHS
2007
p. 122-134
Collection : Actes des congrès nationaux des sociétés historiques et scientifiques (édition électronique)

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Maria del Carmen Antonia Ramona Ricarda Benita de Palermo de Trebuesto Andrade y Montezuma (Mexico, 1804 - Bordeaux, 1870), fille d’une des plus importantes maison du Mexique colonial, descend simultanément d’un conquistador (Gallego de Andrade), des huey tlatoani77 (par Tecuichpotzin fille de Montezuma II Xoyocotzin), de grands d’Espagne
(D’Avalos), et d’un amiral de France (le Normand Robinet de Braquemont).
Un père mort pour l’Indépendance, un frère mort à l’armée réunie contre Agustín Ier, un beau-frère victime de l’ostracisme anti-espagnol quoique colonel mexicain, un second (Miguel Barragán, † 1836) qui devenu président ne put empêcher la sécession texane, exprime l’implication d’un entourage familial, dans les troubles politiques mexicaine. La lutte des factions, émanations de loges maçonniques vitrines de l’antagonisme angloaméricain, entraîne, avec l’ambition de Lorenzo Zavala, futur vice-président du Texas indépendant, à l’été 1828, l’exil européen de Carmen et des siens.
Carmen de Montezuma s’installe à Bordeaux où elle épouse le 16 janvier 1838 le docteur Célestin Villeneuve, originaire de l’Albigeois. Leurs actes et contrat de mariage montrent que le plus immigré des deux n’était pas Carmen, et révèle la permanence à Bordeaux d’une petite communauté mexicaine composée pour partie de négociants et pour partie de
réfugiés politiques, souvent liés à la haute société espagnole.