Tunis réconcilié avec ses lacs ? Enjeux et ambiguïtés des politiques d'aménagement (1983-2003)
2008
Pierre-Arnaud BARTHEL

Extrait de : "Politique d'aménagement en milieu méditerranéen (édition électronique) "
sous la direction de Nacima Baron-Yellès ; 128e congrès national des sociétés historiques et scientifiques, Bastia, 2003

Andrée DAGORNE, Sylvie CLARIMONT,Henri PAUC, Pierre-Arnaud BARTHEL, Youcef ICHEBOUBENE, Sébastien FOUGNIE, Lucette LAURENS, Hubert FRANÇOIS, Gérard RICHEZ, Josy RICHEZ BATTESTI, Yamna DJELLOULI, Abdelkarim DAOUD, Willy CHENEAU,Vincent Andreu-Boussut, Olivier Musard

Paris, Éditions du CTHS
2008
p. 48-61
Collection : Actes des congrès nationaux des sociétés historiques et scientifiques (édition électronique)

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Le cas tunisois est exemplaire pour étudier la problématique de l’intégration de la nature (ici des écosystèmes aquatiques) à la ville. La capitale tunisienne est, en effet, entourée par quatre lacs (une lagune et deux sebkhas littorales) qui ont été considérés pendant des siècles comme des repoussoirs et des exutoires. Depuis le début des années 1980, ces anciennes marges sont devenues des priorités pour le développement de la capitale. En effet, politiques, aménageurs et investisseurs
internationaux sont impliqués dans des projets démiurgiques d'urbanisation de standing et de développement durable qui symbolisent pour ces acteurs la « réconciliation » de la capitale avec ses espaces aquatiques. Au regard d'une histoire faite de rejet et de défiance des aménageurs pour les plans d'eau de la capitale, il s'agit d'une rupture de taille. Dans le même temps, l'auteur montrera que les quatre lacs sont pris dans une contradiction. D'une part, ils sont les objets d'une reconnaissance très tardive et d’une nouvelle politique de protection ; d'autre part, sous couvert de discours environnemental, la plupart des aménagements projetés (ville nouvelle, marina et autre port de plaisance autour de plans d'eau transformés) sont découplés des réalités physiques de ces milieux et reflètent la vision techniciste des ingénieurs. D’ores et déjà, les réalisations traduisent la volonté de domination de la nature par l'aménagement qui mène à une rigidification et à un appauvrissement de ces milieux.