Réflexions sur la mobilité humaine au Pléistocène
2008
Françoise DELPECH

Extrait de : "La notion de mobilité dans les sociétés préhistoriques (édition électronique)"
sous la direction de José Gomez de Soto ; 130e congrès national des sociétés historiques et scientifiques, La Rochelle, 2005

Pierre-Jean Texier, Romain Pigeaud, Denis Tauxe, Josep M. Fullola, Xavier Mangado, Alicia Estrada, Jean-Claude Merlet, Tomaso Di Fraia
2008
p. 9-18

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Au cours du Pléistocène, les moyens techniques à la disposition des hommes étaient encore rudimentaires, ce qui les conduisait à subir les contraintes environnementales presque aussi fortement que les autres êtres vivants. Ainsi, les hommes paléolithiques ont pu avoir certains comportements en commun avec les autres grands mammifères, notamment ceux, « naturels », qui viennent en réponse aux changements environnementaux, comme la mobilité géographique. Nous avons donc considéré le monde animal pour mettre en lumière des manifestations de mobilité, puis recherché si certaines de ces manifestations étaient ou non lisibles dans les données archéologiques. Le plus souvent, tant pour les animaux que pour les hommes, les déplacements liés aux changements environnementaux sont la conséquence d’actes involontaires, non perçus et non perceptibles par l’individu. Il semblerait cependant que ces déplacements aient favorisé la diffusion des idées et des concepts, orienté les courants de pensée, suscité l’innovation, tous points qui, confondus, n’ont pu que fortement marquer l’évolution des cultures et des sociétés. Ce travail repose essentiellement sur le fait que les écosystèmes présentent une organisation étagée. Pour suivre les hommes dans leurs déplacements, d’étage en étage, il a été tenu compte de la distribution des technocomplexes (ou ce que l’on appelait, lors des décennies passées, « l’industrie »). Il est apparu qu’il existait un lien entre écosystème et technocomplexe. Ce lien, encore anecdotique, devra faire l’objet de travaux plus poussés.

Abstract
Thoughts on Human Mobility during the Pleistocene
The technology available to people during the Pleistocene was so rudimentary that it made them almost as fully exposed to environmental challenges as other organisms. It follows that Palaeolithic peoples most likely responded to environmental change in ways similar to those shown by other large mammals, responses that would have included geographic mobility. Assuming this to be the case, we have examined the non-human animal world to better understand aspects of human mobility that might, or might not, be archaeologically visible. For all large mammals, including people, movements across space caused by environmental change are primarily the result of involuntary responses imperceptible to the individuals involved. For people, however, these movements would have favoured the diffusion of ideas, directed the flow of concepts across space and supported innovation, all of which would have had a strong impact on cultural and societal evolution. This work is based on the fact that ecosystems change across altitude, latitude and time. To follow the movements of people across such changes, we examine the distribution of technocomplexes (“industries”). Subjectively, it seems that there was a strong relationship between ecosystem and technocomplex, a link that is very much in need of deeper analysis.