Les relations entre la Corse et l’Aragon aux XIVe et XVe siècles
2008
Philippe COLOMBANI

Extrait de : "L'espace politique méditerranéen (édition électronique) "
sous la direction de Jean Duma ; 128e congrès national des sociétés historiques et scientifiques, Bastia, 2003

Enrico BASSO, Giulio CIPOLLONE, Philippe COLOMBANI, Xavier HELARY, François ARNOULET, Alain BLONDY, Jean-Pierre FARGANEL, Bernard GAINOT, Pierre SANTONI, Michel VERGE-FRANCESCHI, Marino VIGANO, Bruno FULCONIS, Hervé LE BRET, Eric SAUNIER, Florent VANREMORTERE, Michèle BAUSSANT-RACCIMOLO, Jan BERTING, Antoine CASANOVA, Piero D. GALLORO, Laurent HECKETSWEILER, Karine LAMBERT, Giannetta MURRU CORRIGA, André ROBINET, Christiane VILLAIN-GANDOSSI
Paris, Éditions du CTHS
2008
p. 27-32
Collection : Actes des congrès nationaux des sociétés historiques et scientifiques (édition électronique)

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À partir de l’inféodation pontificale de 1297, l’intervention du roi d’Aragon dans les affaires de Corse fait entrer l’île dans une aire diplomatique plus vaste à l’échelle de la Méditerranée occidentale. Puissance conquérante, l’Aragon prend peu à peu possession de la « route des îles » (Baléares, Sardaigne, Sicile), s’opposant, de fait, à Gênes qui recentre alors ses activités sur l’occident. Dans la longue lutte entre ces deux thalassocraties pour l’hégémonie méditerranéenne la Corse, par comparaison avec la Sicile ou la Sardaigne, fait figure d’enjeu plutôt modeste. Au-delà des considérations de haute diplomatie, il serait intéressant d’étudier les évolutions provoquées par le conflit catalano-génois à l’intérieur de la société corse.
Ainsi à partir de 1358 se pose pour l’aristocratie insulaire un difficile problème de légitimité. D’un côté une logique purement seigneuriale qui fait du roi d’Aragon le seul seigneur légitime de l’île, de l’autre une logique « populaire » ou communale qui s’appuie sur la Dédition de 1358 par laquelle la Corse se donne à Gênes. La constitution d’un parti nobiliaire pro-aragonais apportant un élément nouveau aux luttes intestines pour la domination de l’île.