La difficile reconnaissance de la Corse française par la dynastie husséinite (1757-1760)
2008
François ARNOULET

Extrait de : "L'espace politique méditerranéen (édition électronique) "
sous la direction de Jean Duma ; 128e congrès national des sociétés historiques et scientifiques, Bastia, 2003

Enrico BASSO, Giulio CIPOLLONE, Philippe COLOMBANI, Xavier HELARY, François ARNOULET, Alain BLONDY, Jean-Pierre FARGANEL, Bernard GAINOT, Pierre SANTONI, Michel VERGE-FRANCESCHI, Marino VIGANO, Bruno FULCONIS, Hervé LE BRET, Eric SAUNIER, Florent VANREMORTERE, Michèle BAUSSANT-RACCIMOLO, Jan BERTING, Antoine CASANOVA, Piero D. GALLORO, Laurent HECKETSWEILER, Karine LAMBERT, Giannetta MURRU CORRIGA, André ROBINET, Christiane VILLAIN-GANDOSSI
Paris, Éditions du CTHS
2008
p. 49-53
Collection : Actes des congrès nationaux des sociétés historiques et scientifiques (édition électronique)

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Utilisant comme sources les archives de la Chambre de commerce de Marseille, la Correspondance politique du consul de France à Tunis et les Archives nationales, cette communication analyse le refus du bey de Tunis d’accepter la réunion de la Corse à la France. En effet, les corsaires tunisiens réalisaient de fructueux bénéfices lors de razzias sur les côtes de l’île, ils ne craignaient point les représailles car l’influence de la république de Gênes avait beaucoup diminué. Aussi lorsque de Saizieu consul de France réclame en 1768 à Ali bey les esclaves corses devenus français, ce dernier s’y oppose prétextant qu’il n’a point reconnu la nouvelle situation, il a d’ailleurs pris contact avec le général Paoli qui lui a envoyé son représentant Paciola. Ali bey sous la pression du consul français rompt les rapports avec le général rebelle mais refuse toute reconnaissance. On décide alors à Versailles de lancer devant La Goulette une opération navale dirigée par Forbin et de Boves. Devant la crainte d’un bombardement des ports tunisiens, le bey accepte les préliminaires de paix en 1770 et reconnaît la réunion de la Corse à la France par le traité du 13 septembre obligeant les corsaires à respecter l’île. Cet épisode démontre l’importance économique de la course en mer pour les puissances barbaresques et lorsqu’en 1815 elle fut interdite par l’Europe, la Tunisie allait sombrer dans une crise financière.