Pierre-Joseph Briot à l’île d’Elbe
un jalon dans la proto-histoire de la Charbonnerie - 2008
Bernard GAINOT

Extrait de : "L'espace politique méditerranéen (édition électronique) "
sous la direction de Jean Duma ; 128e congrès national des sociétés historiques et scientifiques, Bastia, 2003

Enrico BASSO, Giulio CIPOLLONE, Philippe COLOMBANI, Xavier HELARY, François ARNOULET, Alain BLONDY, Jean-Pierre FARGANEL, Bernard GAINOT, Pierre SANTONI, Michel VERGE-FRANCESCHI, Marino VIGANO, Bruno FULCONIS, Hervé LE BRET, Eric SAUNIER, Florent VANREMORTERE, Michèle BAUSSANT-RACCIMOLO, Jan BERTING, Antoine CASANOVA, Piero D. GALLORO, Laurent HECKETSWEILER, Karine LAMBERT, Giannetta MURRU CORRIGA, André ROBINET, Christiane VILLAIN-GANDOSSI
Paris, Éditions du CTHS
2008
p. 73-81
Collection : Actes des congrès nationaux des sociétés historiques et scientifiques (édition électronique)

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L’action administrative de Briot à l’île d’Elbe de germinal an X (avril 1802) à fructidor an XI (août 1803) a fait l’objet d’une étude précise de son biographe, Maurice Dayet, en 1954. Il ne s’agira pas de reprendre le récit circonstancié de celle-ci, mais de l’inscrire dans le contexte politique et stratégique de ce que l’on a coutume d’appeler la « question italienne », entre 1796 et 1806, à la lumière de l’historiographie récente.
Briot est un néo-jacobin ; à la fin du Directoire et au début du Consulat, il est un intermédiaire essentiel avec les patriotes italiens. Le sens de son prétendu « ralliement » au régime consulaire doit être apprécié dans cette optique, et non comme un opportunisme trivial. Il faut rapprocher les motivations de Briot de celles d’un autre intermédiaire franco-italien, Marc-Antoine Jullien.
L’île d’Elbe joue un rôle stratégique évident en Méditerranée occidentale, à l’instar de ses voisines immédiates. Ce rôle est encore plus manifeste dans la nouvelle géo-politique républicaine, telle que l’esquissent les écrits des patriotes italiens (Matteo Galdi, le groupe maçonnique de Morenas). Par ailleurs, l’île fut terre de refuge pour nombre de ces patriotes dans la période de « réaction » des « Tredici mesi ».
Il est évident que Briot investit cet héritage, lorsqu’il refonde à Porto-Ferrajo, le 2 juin 1803, la loge des Amis de l’Honneur français. Dans quelle mesure est-il possible d’opérer une relecture de son action administrative et de son conflit avec l’autorité militaire, en prenant en compte cet héritage idéologique néo-jacobin, et ces structures semi-clandestines ?