Gênes, l’Espagne, la France et les places de la Corse dans l’année critique 1563
2008
Marino VIGANO

Extrait de : "L'espace politique méditerranéen (édition électronique) "
sous la direction de Jean Duma ; 128e congrès national des sociétés historiques et scientifiques, Bastia, 2003

Enrico BASSO, Giulio CIPOLLONE, Philippe COLOMBANI, Xavier HELARY, François ARNOULET, Alain BLONDY, Jean-Pierre FARGANEL, Bernard GAINOT, Pierre SANTONI, Michel VERGE-FRANCESCHI, Marino VIGANO, Bruno FULCONIS, Hervé LE BRET, Eric SAUNIER, Florent VANREMORTERE, Michèle BAUSSANT-RACCIMOLO, Jan BERTING, Antoine CASANOVA, Piero D. GALLORO, Laurent HECKETSWEILER, Karine LAMBERT, Giannetta MURRU CORRIGA, André ROBINET, Christiane VILLAIN-GANDOSSI
Paris, Éditions du CTHS
2008
p. 97-106
Collection : Actes des congrès nationaux des sociétés historiques et scientifiques (édition électronique)

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Dans l’automne 1562 le bruit se répandit dans la Méditerranée d’un voyage du colonel corse Sampiero d’Ornano della Bastelica chez le dey d’Alger et l’empereur ottoman à Istanbul pour solliciter au nom du roi de France, Charles IX de Valois, une aide en hommes et moyens pour envahir la Corse, appartenant à la république de Gênes mais en fait point d’appui de l’Espagne pour contrôler l’espace politique méditerranéen. La république de Gênes envoie en Corse ses commissaires et commande une réfection radicale des citadelles en vue de la nouvelle invasion. C’est ainsi qu’en janvier 1563 y débarquent le colonel d’infanterie Giorgio Doria et Giovan Giacomo Paleari Fratino, l’ingénieur militaire le plus renommé de l’État de Milan, «emprunté» par le gouvernement espagnol de Madrid. Ils ont surtout deux tâches: améliorer les places fortes existantes, aménager la citadelle d’Ajaccio et construire la nouvelle forteresse de San Fiorenzo et une tour au capo Mortella. Pendant dix mois l’ingénieur demeure dans l’île, rédige des projets et commence les travaux. Quand il part à la fin du mois de décembre 1563, la Corse est mieux fortifiée et dotée de plans pour continuer les chantiers militaires qui - en effet - se poursuivront longtemps. Cet essai est donc visé à illustrer le rôle de Paleari Fratino dans la saison critique de 1563 et de ses fortifications dans le cadre de la politique de Gênes et de l’Espagne face à la menace de la France et de l’Empire ottoman; et la signification de ces édifices dans l’histoire de l’architecture militaire, plus en particulier de la tour Mortella - «mère» des «Martello towers» britanniques du XIXe siècle.