Femmes et brigandage en Provence au lendemain de la Révolution Pistes de recherches
2008
Karine LAMBERT

Extrait de : "L'espace politique méditerranéen (édition électronique) "
sous la direction de Jean Duma ; 128e congrès national des sociétés historiques et scientifiques, Bastia, 2003

Enrico BASSO, Giulio CIPOLLONE, Philippe COLOMBANI, Xavier HELARY, François ARNOULET, Alain BLONDY, Jean-Pierre FARGANEL, Bernard GAINOT, Pierre SANTONI, Michel VERGE-FRANCESCHI, Marino VIGANO, Bruno FULCONIS, Hervé LE BRET, Eric SAUNIER, Florent VANREMORTERE, Michèle BAUSSANT-RACCIMOLO, Jan BERTING, Antoine CASANOVA, Piero D. GALLORO, Laurent HECKETSWEILER, Karine LAMBERT, Giannetta MURRU CORRIGA, André ROBINET, Christiane VILLAIN-GANDOSSI
Paris, Éditions du CTHS
2008
p. 221-231
Collection : Actes des congrès nationaux des sociétés historiques et scientifiques (édition électronique)

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Proposer une étude des rapports entre femmes et brigandage revient à faire le récit d’une traque. Celle que mène l’historien pour briser la chape de la pudeur du témoin ou de la honte de la victime. Certes les femmes sont omniprésentes dans les faits criminels mais paradoxalement le silence s’établit et elles s’absentent lorsque la mise en mot prend le relais de la mise en geste de l’acte délinquant. Nous avons fait le choix de revisiter un champ historiographique déjà bien balisé en nous plaçant du point de vue des femmes et de leurs rapports avec les bandes criminelles. Cette approche constitue une voie d’accès privilégiée pour observer les modalités de la construction des identités de sexe dans ces sociétés d’hommes. Ces dernières, révélatrices de l’andria méditerranéenne, portent les marques d’une mentalité archaïque, celle d’un monde rural qui se prête à l’analyse de la gender story, propre à faire la part du concept de pudeur féminine et du respect viril de l’honneur qui constituent les fondements de l’identité familiale et communautaire ainsi que les conditions de la reconnaissance sociale. La dichotomie classique femmes-victimes / femmes criminelles s’enrichit de ces parcours de vie où les mêmes figurent tour à tour du côté de l’outrage subi, puis de l’agression perpétrée sur un tiers. Ce brouillage des rapports entre le féminin et le masculin permet dès lors une relecture des identités de sexe.