Vers un nouvel équilibre dans les relations Nord/Sud à travers les représentations collectives
2008
Christiane VILLAIN-GANDOSSI

Extrait de : "L'espace politique méditerranéen (édition électronique) "
sous la direction de Jean Duma ; 128e congrès national des sociétés historiques et scientifiques, Bastia, 2003

Enrico BASSO, Giulio CIPOLLONE, Philippe COLOMBANI, Xavier HELARY, François ARNOULET, Alain BLONDY, Jean-Pierre FARGANEL, Bernard GAINOT, Pierre SANTONI, Michel VERGE-FRANCESCHI, Marino VIGANO, Bruno FULCONIS, Hervé LE BRET, Eric SAUNIER, Florent VANREMORTERE, Michèle BAUSSANT-RACCIMOLO, Jan BERTING, Antoine CASANOVA, Piero D. GALLORO, Laurent HECKETSWEILER, Karine LAMBERT, Giannetta MURRU CORRIGA, André ROBINET, Christiane VILLAIN-GANDOSSI
Paris, Éditions du CTHS
2008
p. 254-263
Collection : Actes des congrès nationaux des sociétés historiques et scientifiques (édition électronique)

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Rarement les perceptions identitaires et différentielles reposant sur l'Image de l'Autre et selon une dynamique des relations Nord/Sud et Sud/Nord n'ont suscité autant de jugements stéréotypés. Ces jugements sont préalables à toute analyse concrète des évènements et rebelles à toute autre forme d'argumentation.
Il est certain que la vision actuelle des rapports "Nord/Sud" stricto sensu s'inscrit dans l'héritage colonial à un degré qu'il est difficile d'évaluer et qui explique bien, par ailleurs, l'obstacle rencontré dans la compréhension de la genèse des stéréotypes. En fait, la dyade Nord/Sud peut servir de métaphore pour tout genre de rapports d'inégalité, de domination ou de volonté dominatrice entre état-nations ou régions.
Nous ne pouvons que noter la dissymétrie des approches puisque les chercheurs du Sud, à part reprendre la critique des positions colonialistes du Nord à l'encontre du monde colonisé ne parviennent pas encore à formaliser des stéréotypes du Sud sur le Nord : nous nous heurtons à des blocages structurels.
Pour tenter de remonter à l'amont des phénomènes, nous rendrons compte du choix d'un itinéraire de recherche centré autour des perceptions identitaires et différentielles du physique de l'Autre, en tant que première prise de conscience de son identité, et partant sur les qualifications mentales qu'elles sont sensées générer. Il est certain que les stéréotypes sont souvent construits à partir d'un substrat biologique et morphologique, c'est à dire l'apparence.
L'originalité du corpus analysé réside dans le fait qu'il était constitué à la fois de matériaux construits et de matériaux "fugaces". En effet, ces "images dans notre tête", ces représentations, ces constellations figées et préexistantes peuvent être liées à des signes linguistiques (lexèmes ou configurations lexématiques), dont l'énonciation évoque
souvent l'expression d'un jugement, d'un sentiment, d'une image ou tout simplement d'un halo d'associations/connotations plus ou moins confuses. Mais l'on peut être en présence également de formes non-lexicalisées, gestuelle, iconique, voire musicale.
Les investigations des sciences sociales situent le stéréotype ethnique à la croisée de plusieurs interrogations. Dans son versant négatif, elles le relient à la question des typifications d'autrui , des tensions entre groupes; dans son versant positif, elles le mettent au centre d'une réflexion sur l'identité sociale. Considéré dans le dynamisme du "stéréotypage", on peut évoquer aussi une exploration de la cognition sociale.