À la recherche de l'or, de la turquoise, du cèdre et des parfums précieux
Les expéditions royales dans l'Égypte ancienne - 2008
Catherine Chadefaud

Extrait de : "Les voyageurs dans l'Antiquité (édition électronique)"
sous la direction de Yann Le Bohec ; 130e congrès national des sociétés historiques et scientifiques, La Rochelle, 2005

Catherine Chadefaud, Caroline Sauvage, Charles Guittard, Florent Simonet, Stéphanie Guédon, Anne Gangloff-Alerini, Nathaëlle Roux
Paris, Éditions du CTHS
2008
p. 11-24
Collection : Actes des congrès nationaux des sociétés historiques et scientifiques (édition électronique)

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Indissociable de la politique, la religion irrigue toutes les activités de la société égyptienne autour de Pharaon, des prêtres et de la haute administration. Tout au long de la vallée du Nil, une liturgie commune cimente l'unité de cet immense pays au sein des temples. Cette liturgie exige des produits précieux souvent importés : l'or, « la chair des dieux », la turquoise qui procure la protection de la déesse Hathor, le cèdre pour édifier la haute barque portative du dieu Amon. Les rites demandent des fumigations de parfums rares tel l'encens. Pour s'assurer l'accès à ces éléments nécessaires à la stabilité du pouvoir, les pharaons, au cours des différentes dynasties, organisèrent des expéditions en vue de reconnaître, voire de contrôler, les lieux de production. Les sources archéologiques, les inscriptions, l'iconographie permettent de restituer l'organisation de ces voyages vers la Syrie, le Liban, dans les ouadis du désert arabique, au Sinaï, en Nubie et au mystérieux « pays de Pount ». L'expédition de la reine Hatshepsout tenta même d'importer des « arbres à encens » afin de les acclimater en Égypte.