Rupture et continuité dans l’implantation des lieux de culte alpins entre la protohistoire et la période romaine
2008
Raphaël Golosetti

Extrait de : "Le peuplement de l'arc alpin (édition électronique)"
sous la direction de Hervé Richard et Dominique Garcia ; 131e congrès national des sociétés historiques et scientifiques, Grenoble, 2006
Sébastien Bernard-Guelle, Gilbert Pion, Pierre Bintz, Alexandre Morin, Régis Picavet, Jacqueline Argant, Céline Bressy, David Pelletier, Robert Laudet, Pierre Bintz, Céline Bressy, Jean-Claude Daumas, Gilles Monin, Fabien Arnaud, M. Debret, Emmanuel Chapron, Yves Perrette, Fabien Hobléa, Jean-Paul Bravard, Laurent Astrade, Émilie Gauthier, Hervé Richard, Michel Magny, Odile Peyron, Fabien Arnaud, Jérémy Jacob, André Marguet, Yves Billaud, Stéfan Tzortzis, Florence Mocci, Kevin Walsh, Brigitte Talon, Mona Court-Picon, Vincent Dumas, Vanessa Py, Suzi Richer, Pierre-Jérôme Rey, Isabelle André, Jean-Michel Treffort, Sylvie Crogiez-Pétrequin, Aimé Bocquet, Marie-Christine Bailly-Maitre, Thierry Gonon, Delphine Isoardi, Bérengère Perez, Dominique Garcia, Raphaël Golosetti, Tomaso Di Fraia, Josiane Ribstein, Frédéric Surmely, Stéfan Tzortzis, Yannik Miras, Isabelle Jouffroy-Bapicot, Benoît Forel, Fabrice Monna, Christophe Petit
2008
p. 275-288

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L’objectif de cet article est de saisir le rôle des espaces sacrés dans le processus d’implantation des réseaux d’habitat et des voies de passage. Les lacunes documentaires pour l’Âge du Fer alpin dans le domaine cultuel nous conduisent à placer notre raisonnement sur la période de la romanisation (Ier siècle av. J.-C. / Ier siècle ap. J.-C.), époque où les modifications dans le réseau d’habitat et le réseau viaire peuvent nous laisser entrevoir la réalité préromaine sur les relations sanctuaires / voies de passage et sanctuaires / dynamiques de peuplement.
À travers une approche géographique, il est envisageable de comprendre les relations entre les sanctuaires et l’espace anthropisé : la contemporanéité d’implantation des agglomérations nouvelles alpines et des lieux de culte de tradition indigène qui les accompagnent démontre les capacités de mobilité spatiale des sanctuaires issus des croyances de l’Âge du Fer, espaces sacrés qui suivent les dynamiques de peuplement induites par les éléments structurant l’espace que sont les axes de communication.
À partir des phénomènes d’appropriation du sol et de liminality (traduisible par zone-seuil), il est possible de mettre en évidence les raisons de la permanence des lieux de culte de l’Âge du Fer à l’époque romaine sur les grands cols alpins, zones-clefs du paysage et du réseau de communication alpin, source d’intérêt premier pour le pouvoir romain, notamment dans les premiers temps de la conquête.

Abstract
Breaks and continuity in the implantation of sacred spaces in the Alps between protohistory and the Roman period
This paper aims to understand the role of sacred space in the process of urbanization and the implantation of rural settlements and roads. Because of documentary gaps for the Iron Age in the Alps, we need to consider the Romanizing period. Indeed, this period is characterized by an evolution in human occupation. Hence relations between sanctuary / roads and sanctuary / dynamics of settlement can be seen more distinctly. By using a geographical approach, this work aims to emphasize the relationships between sanctuary and “anthropic” space. The contemporaneity of the creation of new alpine towns and their sacred spaces demonstrates a mobility of native cults. This mobility is related to the development of major roads in the Alps in the first century AD, since these roads structure space. The concepts of appropriation of space and of liminality can explain the reasons for the continuity of sanctuaries in the most important passes of the Alps which are both central elements of the landscape and central elements of Roman geopolitics of control during the beginning of the Empire.