Le rôle du capitanio vénitien : défendre l'équipage ou l'armateur (1480-1520)
2008
Bernard Doumerc

Extrait de : "La Méditerranée autour de ses îles (édition électronique)"
sous la direction de Christian Emig, Christiane Villain-Gandossi et Patrick Geistdoerfer ; 128e congrès national des sociétés historiques et scientifiques, Bastia, 2003

Patrick Geistdoerfer, Alain Coutelle, Christian Emig, Jean Ferrandini, J. Gattacceca, A. Deino, M. C. Janin, Michelle Ferrandini, S. Saint-Martin, J.-P. Saint-Martin, J.-J. Cornée, Patrick Vidal, Alain Mante, Georges J. Aillaud, Isabelle Aillaud, Jan Berting, Christiane Villain-Gandossi, François-Noël Richard, Hélène Daret, Anne Merlin-Chazelas, Alessandro Fiori, Brigitte Bertoncello, Pierre-Jacques Olagnier, Dominique Garcia, Myriam Sternberg, Suzanne Gély, Anthony Pinto, Bernard Doumerc, Hubert Michéa, Éric Rieth, José Luis Cortés, Nicolas Pehau, Raimondo Zucca
Paris, Éditions du CTHS
2008
p. 231-244
Collection : Actes des congrès nationaux des sociétés historiques et scientifiques (édition électronique)

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La république de Venise s'était dotée d'un appareil législatif visant à développer la puissance de l'économie maritime. La muda vénitienne était le fleuron du dispositif naval mais les fonctions attribuées aux commandants de ces convois de galères marchandes changèrent de nature à la fin du XVe siècle. Avant cette époque, le capitanio, représentant de l'État, était chargé de surveiller le bon déroulement de l'expédition dans le respect du bien public. Son ordre de mission mettait en avant les objectifs diplomatiques, militaires et commerciaux du voyage. Peu à peu cependant d'autres priorités apparurent, mises en avant par les autorités à la suite des protestations formulées par les équipages. À la lumière des registres du sénat et du collegio, conservés dans l'Archivio di Stato de Venise, il est possible de définir l'évolution très caractéristique du contenu de ces ordres de mission. Au début du XVIe siècle, sous la pression d'une conjoncture défavorable, les réclamations concernant la vie à bord, la qualité de la nourriture et les conditions salariales furent prises en compte par le gouvernement. Le capitanio du convoi devint alors le défenseur des équipages contre les armateurs devenus trop exigeants. Remise dans le contexte, une évolution d'une telle ampleur aurait pu contribuer à la disparition de la navigation de ligne.