Les marteloires et la conception des premières cartes marines 1290-1547, ou la projection d'un itinéraire à routes magnétiques successives
2008
Hubert Michéa

Extrait de : "La Méditerranée autour de ses îles (édition électronique)"
sous la direction de Christian Emig, Christiane Villain-Gandossi et Patrick Geistdoerfer ; 128e congrès national des sociétés historiques et scientifiques, Bastia, 2003

Patrick Geistdoerfer, Alain Coutelle, Christian Emig, Jean Ferrandini, J. Gattacceca, A. Deino, M. C. Janin, Michelle Ferrandini, S. Saint-Martin, J.-P. Saint-Martin, J.-J. Cornée, Patrick Vidal, Alain Mante, Georges J. Aillaud, Isabelle Aillaud, Jan Berting, Christiane Villain-Gandossi, François-Noël Richard, Hélène Daret, Anne Merlin-Chazelas, Alessandro Fiori, Brigitte Bertoncello, Pierre-Jacques Olagnier, Dominique Garcia, Myriam Sternberg, Suzanne Gély, Anthony Pinto, Bernard Doumerc, Hubert Michéa, Éric Rieth, José Luis Cortés, Nicolas Pehau, Raimondo Zucca
Paris, Éditions du CTHS
2008
p. 245-252
Collection : Actes des congrès nationaux des sociétés historiques et scientifiques (édition électronique)

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Les premiers portulans portent des figures circulaires à rayons étoilés dont l'usage pratique sera expliqué. Ces figures, les marteloires, permettaient aux pilotes de conserver, quelles que soient les routes que le vent les forçait à suivre, la direction de leur destination, et cela de manière purement graphique. Ces figures sont indissociables de la conception même des portulans tout comme de l'usage des aiguilles magnétiques et constituent un canevas magnétique. Quant à savoir comment cette nouvelle manière de naviguer s'est répandue, nous en sommes réduits à des conjectures. Je me bornerai à remarquer que, après la carte Pisane qui ne fournit de repères navigables que pour la Méditerranée, correspondant aux grands convois des deux croisades menées par Saint Louis, on voit brusquement apparaître au début du XIVe siècle une série de portulans qui témoignent de l'usage du nouveau procédé jusqu'en Flandres. Ce procédé coexistera deux siècles, mais selon toute vraisemblance dans des contextes moins exigeants, avec la mémorisation de péripli comme celui de Dati dont une centaine d'exemplaires nous sont parvenus, datant tous du milieu du XVe siècle. On peut soutenir que la sécurité accrue qu'il offrait a permis un développement considérable du commerce maritime de l'Italie vers le Nord de l'Europe et sans doute un abaissement des coûts par comparaison aux routes des Alpes et de Champagne.