De la raison cartographique
2009
Franco Farinelli
Traduit de l'italien par Katia Bienvenu
ISBN : 978-2-7355-0682-8
256 p., 17 x 22 cm, br.
Collection : Orientations et méthodes
N° dans la collection : 13
Code Sodis : F30731.0
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La cartographie, depuis qu'elle a été élaborée par la culture occidentale, a réduit la sphère terrestre à un plan, nous faisant oublier qu'elle est un globe. Nous vivons avec l'illusion que le plan cartographique reproduit la surface de la Terre sans nous rendre compte que le rapport que nous entretenons avec elle, tout comme nos notions d'espace et de temps, sont déterminés par cette illusion.
Aujourd'hui, pourtant, nous ne pouvons plus nous contenter de cette médiation cartographique pour expliquer le fonctionnement du monde. C'est seulement en interrogeant nos principaux modèles de description et de compréhension du monde : la cartographie et ses corollaires, le paysage, le sujet, le lieu, la ville et l'espace, que nous serons en mesure d'appréhender le nouveau phénomène de la globalisation.
Table des matières :
Préface par Gilles Fumey La matrice du monde Première partie. La pyramide et le triangle 0. Fermer un œil, quadriller une feuille : la nature de l'« espace logique » 1. Les deux noms de la Terre 2. Ce qu'est la géographie et qui est... (lire la suite...)
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Comptes rendus parus dans la presse :
Cafés géographiques
09/01/2010 - Gilles Fumey
Compte rendu
Extraits :

"Avec ce petit livre, nous ouvrons une très vaste fenêtre de la géographie. Celle d’un Italien parmi les plus doués de sa génération. Franco Farinelli est un géographe « critique » qui veut rompre avec ce qu’il appelle la raison cartographique qui s’est substituée à la pensée de l’espace. Car, pour lui, nos problèmes d’espace ont été traduits par des cartes. Des cartes qui ont modelé profondément la pensée occidentale". (...)
Farinelli propose une belle promenade érudite chez les grands penseurs de l’espace en Occident. Avec L’Odyssée d’Homère, il fait émerger dans le récit du combat entre le cyclope et Polyphème une « mesure linéaire standard », la ligne d’horizon. Cette séparation d’entre le Ciel et la Terre, les hommes vont la mesurer et elle fera naître l’espace, le concept d’espace, l’espace mesurable. Ulysse, dans sa fuite, ne va-t-il pas compter les coups de rame pour mesurer la distance nécessaire pour s’échapper ?
(...) C’est dans une très belle écriture que Franco Farinelli emmène le lecteur, bousculant ses certitudes en de belles formules ciselées appelées à devenir des classiques de la pensée géographique. Sur la ville, l’Etat, les distances, etc., Farinelli nous prend constamment à rebrousse-poil. Ainsi, de la modernité, il en voit la traduction dans l’Etat territorial, dont la route, « fruit mûr de l’époque baroque » est le modèle du chemin de fer et de l’autoroute (Autobahn, littéralement « chemin de fer pour automobile »), allant jusqu’à penser que la voie ferrée coïncide avec la maturité de l’Etat et l’autoroute avec l’amorce de son déclin.
À l’issue de la lecture de ces trois marches de la pensée farinellienne (la pyramide et le triangle, le paysage et l’icône, et enfin, la ville, la carte, l’espace), on a le sentiment très agréable d’avoir été immergé dans la matrice de la géographie. Une matrice qui ne cesse de reconfigurer notre rapport au monde. Avec son immense culture, Franco Farinelli déjoue les pièges de notre esprit avec malice et talent : « Personne ne nous avait jamais expliqué que les bâtons, ces petits segments, rectilignes très artificiels par lesquels nous avons été initiés au mystère de l’écriture étaient des lances de guerrier ». Lecteur, c’est aussi une lance de guerrier que tu tiens entre les mains".


projets de paysage
09/02/2010 - Emmanuele Frixa
Compte rendu
Actualités/vie scientifique,. Responsable éditoriale Chiara Santini

"Emanuele Frixa présente la parution en langue française du livre de Franco Farinelli De la raison cartographique, texte d'histoire et de philosophie de la géographie, qui donne au paysage un rôle clé dans la formation des modèles de représentation de la culture occidentale."


Note de lecture de Emmanuele Frixa (extraits)

"It's along these paths that Franco Farinelli's "raison cartographique" has been developed, and it finds in myth and in western knowledge archetypical models a possible source to explain the contemporary world, after the modern cartographic logic sunset has been recognized.
The labyrinth represents the end of these paths: it is the most extraordinary among images and the most fascinating among models. Labyrinth which represents the peak and at the same time the collapse of the cartographic logic, that one of the reduction of the sphere to the table, of the world to the Earth, of the phisis to its deathly representation. As Farinelli notices, labyrinth exists just as mental image and cause its definition it's not possible to draw it and otherwise to represent it. But it's also true that it refers, according to its Egyptian model described by Herodotus, to another invisible subterranean composition of which what it's possible to see is just a reflection, as the story of the two Earth's names, Gé and Ctòn, still reminds."