Misère de la philosophie du temps. L'archéologie entre incomplétude et ingratitude
2008
Serge Lewuillon

Extrait de : "Le temps vu par... (édition électronique)"
sous la direction de Christiane Villain-Gandossi et Jacqueline Lorenz ; 129e congrès national des sociétés historiques et scientifiques, Besançon, 2004

Christiane Villain-Gandossi, Jacqueline Lorenz, Paolo Facchi, Serge Lewuillon, Marie-Françoise Diot, Christophe Gauchon, Christian Amalvi, Pascal Barraillé, Jean Duma, Thierry Lassabatère, Pierre Albert, Jan Berting, Bruno Guérard, Jean-François Loudcher, Jean-Nicolas Renaud, Françoise Putod-Vacheret, Frédéric Trautmann, Paul Adam, Aleksandra Dziadkiewicz, Yves Gilli, Daniel Pajaud et Christiane Villain-Gandossi, Christine Bousquet-Labouérie, Frédéric Chauvaud, Oscar Jané, François Lormant, Ania Guini-Skliar
Paris, Éditions du CTHS
2008
p. 19-30
Collection : Actes des congrès nationaux des sociétés historiques et scientifiques (édition électronique)

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Cet essai analyse la représentation du temps en archéologie par le biais d'une méthode statistique croisant la taxonomie et l'ordre chronologique : la sériation. Trois notions essentielles sont critiquées : la procédure de classification, l'ordonnancement des tableaux de données et la nature du calcul pour y parvenir. Sur l'ensemble de ces points, on conteste l'idée qu'une sériation puisse produire une véritable chronologie.
On montre ensuite qu'en dehors de l'exception notable d'Henri Hubert, les pionniers de la sériation ont développé leur technique sans s'intéresser à la critique des fondements des mathématiques qui s'ébauchait à la même époque. Ces travaux devaient pourtant démontrer les limites du calcul algorithmique, auquel fait justement appel la sériation.
En revanche, la théorie sociologique du temps d'Henri Hubert s'inscrit pleinement dans les progrès de l'épistémologie de son époque. Cependant, le désintérêt de ses pairs a créé une lacune qui nous gêne encore aujourd'hui.