Entre le temps des historiens et l'espace des géographes, la mémoire ? Approche du paysage mémoriel des Glières
2008
Christophe Gauchon

Extrait de : "Le temps vu par... (édition électronique)"
sous la direction de Christiane Villain-Gandossi et Jacqueline Lorenz ; 129e congrès national des sociétés historiques et scientifiques, Besançon, 2004

Christiane Villain-Gandossi, Jacqueline Lorenz, Paolo Facchi, Serge Lewuillon, Marie-Françoise Diot, Christophe Gauchon, Christian Amalvi, Pascal Barraillé, Jean Duma, Thierry Lassabatère, Pierre Albert, Jan Berting, Bruno Guérard, Jean-François Loudcher, Jean-Nicolas Renaud, Françoise Putod-Vacheret, Frédéric Trautmann, Paul Adam, Aleksandra Dziadkiewicz, Yves Gilli, Daniel Pajaud et Christiane Villain-Gandossi, Christine Bousquet-Labouérie, Frédéric Chauvaud, Oscar Jané, François Lormant, Ania Guini-Skliar
Paris, Éditions du CTHS
2008
p. 45-56
Collection : Actes des congrès nationaux des sociétés historiques et scientifiques (édition électronique)

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À travers les notions de « géosymboles », de « marqueurs spatiaux », les géographes ont identifié dans les paysages un certain nombre de traits par lesquels les sociétés ont sciemment « figé du temps dans l'espace » : les bornes frontières, les monuments, les toponymes en sont des exemples évidents.
L'étude des « lieux de mémoire » a profondément renouvelé l'histoire culturelle, mais jusqu'ici, les géographes sont souvent restés à l'écart d'une question qui pourtant nous éclaire sur les rapports intimes du temps et de l'espace. La réactivation de débats historiographiques sur l'histoire de la Seconde Guerre mondiale implique une dimension spatiale, perceptible à travers la structuration de « paysages mémoriels » dont les hauts lieux du maquis fournissent des illustrations pertinentes.
Le plateau des Glières permet d'appréhender les dimensions spatiales et temporelles de cette « mise en mémoire » des lieux, en suivant l'évolution du dispositif mémoriel et la façon dont le territoire s'est structuré autour du souvenir du maquis. Avant même la libération de la Haute-Savoie, les premiers linéaments de ce dispositif se mettent en place, et ils n'ont cessé de se modifier jusqu'à aujourd'hui. En inscrivant dans l'espace le souvenir de la « première bataille de la Résistance », le temps devient non plus seulement une variable d'évolution externe, mais la raison d'être même de paysages mémoriels en recherche constante de pérennisation.