Les conceptions antagonistes du temps de l'histoire dans les collections de vulgarisation confessionnelles et laïques de 1880 à 1914 : discordance ou concordance des temps ?
2008
Christian Amalvi

Extrait de : "Le temps vu par... (édition électronique)"
sous la direction de Christiane Villain-Gandossi et Jacqueline Lorenz ; 129e congrès national des sociétés historiques et scientifiques, Besançon, 2004

Christiane Villain-Gandossi, Jacqueline Lorenz, Paolo Facchi, Serge Lewuillon, Marie-Françoise Diot, Christophe Gauchon, Christian Amalvi, Pascal Barraillé, Jean Duma, Thierry Lassabatère, Pierre Albert, Jan Berting, Bruno Guérard, Jean-François Loudcher, Jean-Nicolas Renaud, Françoise Putod-Vacheret, Frédéric Trautmann, Paul Adam, Aleksandra Dziadkiewicz, Yves Gilli, Daniel Pajaud et Christiane Villain-Gandossi, Christine Bousquet-Labouérie, Frédéric Chauvaud, Oscar Jané, François Lormant, Ania Guini-Skliar
Paris, Éditions du CTHS
2008
p. 59-71
Collection : Actes des congrès nationaux des sociétés historiques et scientifiques (édition électronique)

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Si les manuels scolaires en usage à l'école publique et à l'école confessionnelle enseignent, malgré de profondes divergences, une continuité chronologique commune du passé national, en revanche les ouvrages de vulgarisation (livres de lecture et de prix) privilégient, au foyer familial, une vision partisane du temps de l'histoire, qui aboutit à l'affrontement de deux calendriers irréductibles aux deux France. En nous fondant sur l'analyse d'un corpus de deux cents titres environ, composé des livres populaires publiés par les principales maisons d'édition catholiques (Mame à Tours, Lefort à Lille) et des ouvrages appartenant à la Bibliothèque des écoles et des familles, fleuron de Hachette, on peut distinguer deux manières incompatibles de mettre en perspective l'histoire nationale sur la longue durée : celle des catholiques sacralise les origines franques et le baptême de Clovis, qui scelle l'alliance éternelle du trône et de l'autel, et le XIIIe siècle de saint Louis, apogée du Moyen Âge chrétien. Celle des laïques célèbre la République gauloise de Vercingétorix et surtout l'avènement fondateur de la Révolution française, rupture libératrice pour Jacques Bonhomme, jadis bête de somme, devenu citoyen à part entière grâce à l'année 1789, qui trace une ligne de partage temporelle insurmontable entre un Ancien Régime honni et une ère nouvelle porteuse de promesses fécondes sur le plan politique et social pour le peuple français.