Du temps non compté des salariés au temps monnayé
2008
Bruno Guérard

Extrait de : "Le temps vu par... (édition électronique)"
sous la direction de Christiane Villain-Gandossi et Jacqueline Lorenz ; 129e congrès national des sociétés historiques et scientifiques, Besançon, 2004

Christiane Villain-Gandossi, Jacqueline Lorenz, Paolo Facchi, Serge Lewuillon, Marie-Françoise Diot, Christophe Gauchon, Christian Amalvi, Pascal Barraillé, Jean Duma, Thierry Lassabatère, Pierre Albert, Jan Berting, Bruno Guérard, Jean-François Loudcher, Jean-Nicolas Renaud, Françoise Putod-Vacheret, Frédéric Trautmann, Paul Adam, Aleksandra Dziadkiewicz, Yves Gilli, Daniel Pajaud et Christiane Villain-Gandossi, Christine Bousquet-Labouérie, Frédéric Chauvaud, Oscar Jané, François Lormant, Ania Guini-Skliar
Paris, Éditions du CTHS
2008
p. 129-143
Collection : Actes des congrès nationaux des sociétés historiques et scientifiques (édition électronique)

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Du temps non compté au temps monnayé, une révolution dans la vie, avec la loi des dix heures du 30 mars 1900, imposant en France la première réduction du temps de travail.
À partir des rapports des inspecteurs du travail de la Belle Époque, souvent de petits chefs-d'œuvre littéraires, sont suivies pas à pas les misères du prolétariat, les stratégies patronales et surtout une stratégie gouvernementale volontariste.
Ces inspecteurs, consultés comme des experts par le ministre du Commerce, révèlent les horaires effrayants du XIXe siècle, leurs doutes ou leurs espoirs concernant l'application d'une loi nouvelle. Puis l'étude plonge dans les débats parlementaires nécessités par « l'échec » de la loi du 2 novembre 1892 et la préparation d'une nouvelle loi.
Enfin, après le « coup de force » du nouveau ministre du Commerce, A. Millerand, socialiste en rupture entrant dans un gouvernement de « défense républicaine », ces rapports dévoilent les méandres de l'application d'une réforme révolutionnant les modes de vie et de travail. À travers ces documents administratifs apparaissent son contexte et ses enjeux : la réussite sociale d'une république contestée par le monde ouvrier, la constitution d'un droit du travail protecteur d'inspiration jacobine, la révolution technologique liée à l'apparition du moteur d'un demi-cheval, la révolution culturelle générée par l'école primaire obligatoire.