Joseph-Marie Lequinio et son Voyage dans le Jura
2009
Claudy VALIN

Extrait de : "Circulation des hommes et des idées à l'époque révolutionnaire (édition électronique)"
sous la direction de Claudy Valin ; 130e congrès national des sociétés historiques et scientifiques, La Rochelle, 2005

Philippe Barlet, Jean Bart, Claudy Valin, Anna-Maria Rao, François Arnoulet, Élisabeth Audoin, Robert Chagny, Odile Gannier, Marie-Séverine Pillon, Mireille Lobligeois, Isabelle Mayaud, Roger Texier
Paris, Éditions du CTHS
2009
p. 33-39
Collection : Actes des congrès nationaux des sociétés historiques et scientifiques (édition électronique)

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Député à la Législative, puis à la Convention, Joseph-Marie Lequinio, originaire du Morbihan, est surtout connu pour ses missions, en particulier celle auprès de l'armée du nord au printemps 1793 et celle dans les ports de La Rochelle et Rochefort durant l'automne et l’hiver de l'an II. Tombé en disgrâce politique sous la Convention thermidorienne, emprisonné quelque temps, il devient un homme seul, au destin incertain.
Auteur des Préjugés détruits, ouvrage par trois fois édité, et de quelques autres écrits dont Philosophie du peuple, il entreprend, alors âgé de cinquante-cinq ans, un voyage à travers le Jura puis, de retour, se met à sa table de travail et en fait le récit édité par Caillot, imprimeur à Paris, rue du Cimetière André-des-Arts en frimaire an IX. Deux forts volumes de près de 1000 pages au total (BnF L 1006LM et L 1002 KL) ne sont pas que la somme des notes qu'il a consignées chemin faisant. Sous les descriptions détaillées qui donnent une carte d'identité très complète du Jura affleure une autobiographie en pointillés mêlée à des considérations sur le temps présent et le sens de l'histoire. Les déconvenues politiques éprouvées semblent n'avoir rien changé à ses convictions: la Révolution «malgré les malheurs inséparables des grands moments, a poussé vigoureusement le soleil de la Raison», réflexion que lui suggère l'exécution à Saint-Claude sous l'Ancien Régime de «malheureux soupçonnés de sorcellerie». Le terme du voyage à Genève, patrie du « Grand Jacques-Jacques », comme le détour par Ferney pour visiter la demeure de «celui qui mit à contribution la philosophie pour le bonheur du genre humain», n'ont évidemment rien de fortuit.