Iter Florentium ou le voyage à Florence d'agents, de négociants et de militaires français entre 1789 et 1799
2009
Marie-Séverine PILLON

Extrait de : "Circulation des hommes et des idées à l'époque révolutionnaire (édition électronique)"
sous la direction de Claudy Valin ; 130e congrès national des sociétés historiques et scientifiques, La Rochelle, 2005

Philippe Barlet, Jean Bart, Claudy Valin, Anna-Maria Rao, François Arnoulet, Élisabeth Audoin, Robert Chagny, Odile Gannier, Marie-Séverine Pillon, Mireille Lobligeois, Isabelle Mayaud, Roger Texier
Paris, Éditions du CTHS
2009
p. 103-112
Collection : Actes des congrès nationaux des sociétés historiques et scientifiques (édition électronique)

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Riches mais peu exploitées, voire inédites, nos sources littéraires et archivistiques permettent de dévoiler la vie de certains voyageurs français - agents, négociants, militaires - présents dans la capitale toscane entre 1789 et 1799.
En effet, ces dix années révolutionnaires qui débutent avec la prise de la Bastille pour s'achever au moment de l'entrée des troupes françaises du Directoire à Florence, le 25 mars 1799, témoignent d'un phénomène jusqu'alors peu étudié, à savoir l'interaction des perceptions se tissant entre une ville italienne et des voyageurs français.
Ainsi, dans le cadre de notre communication, nous exposerons dans un premier temps les nombreuses motivations qui ont poussé ces Français à séjourner à Florence. Ensuite nous expliciterons les mesures de sûreté publique que les grands-ducs de Toscane, Pierre-Léopold puis son fils Ferdinand III, mirent en place afin de surveiller ces étrangers, qui bien que accueillis avec bienveillance, ne furent pas moins soumis à d'étroits contrôles (portes d'entrée, auberges et correspondances).
Enfin, nous achèverons notre intervention en évoquant le regard que posèrent ces Français sur Florence. Terre d'asile durant ces années troublées, la cité n'en renia pas pour autant sa vocation de berceau des arts et des sciences. Pourtant, ce ne fut pas du côté de la vie artistique que nos voyageurs découvrirent une pensée moderne, mais bel et bien dans le domaine des sciences où soufflait alors un vent d'innovation.
En guise de conclusion, nous soulignerons les apports de notre recherche qui, en découvrant et croisant sources littéraires et fonds archivistiques, a permis de reconstituer les aspects matériels et intellectuels d'un séjour florentin, et de mettre en lumière, in fine, l'échange des regards entre une ville étrangère et des voyageurs français ; un échange, somme toute, à l'image du miroir et de son reflet.
Notre étude porte, pour les années 1789-1799, sur quatre fonds d'archives conservés auprès de l'Archivio di Stato di Firenze : fonds de la Presidenza del Buon Governo-affari comuni (1784-1808) ; fonds de la Segreteria di Stato e Ministero degli esteri-appendice (1765-1808) ; fonds du Segreterio di Stato (1765-1808) ; enfin fonds inédit des Commissari di quartiere e tribunale di semplice polizia (1777-1808).