Innovation et tradition : cas de la découverte d'Argand et de la théorie d'Ampère
2009
Mohamed Bendaoud et Rachid Traïche

Extrait de : "Concepts, cultures et progrès scientifiques et techniques, enseignement et perspectives (édition électronique)"
sous la direction de Gérard Pajonk ; 131e congrès national des sociétés historiques et scientifiques, Grenoble, 2006
Paris, Éditions du CTHS
2009
p. 9-18
Collection : Actes des congrès nationaux des sociétés historiques et scientifiques (édition électronique)

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Au début du XIXe siècle Argand découvre, à partir d'un raisonnement par analogie, la représentation géométrique des nombres complexes longtemps considérés comme des nombres « impossibles ». Cette découverte a trouvé de nombreuses applications en électricité et a permis l'introduction des quaternions et du calcul vectoriel. Pourtant, lors de sa parution, l'article d'Argand fut sévèrement critiqué.
À la même époque, Ampère note l'analogie entre un barreau aimanté et un solénoïde parcouru par un courant électrique. Il imagine, pour expliquer les propriétés des aimants, l'existence de courants « moléculaires ». Il ramène alors toutes les interactions de l'électromagnétisme à celle de deux éléments de courants et aboutit à une formule qui lui permet de retrouver des lois connues et d'en découvrir d'autres. Cette théorie fut mal accueillie par de nombreux savants. Les uns l'ont rejetée parce qu'elle ne cadrait pas avec leurs propres idées. D'autres reprochaient à Ampère d'avoir basé ses concepts sur des hypothèses qu'aucune expérience n'a pu mettre en évidence. On retrouvera la même situation à la fin du siècle lorsque Boltzmann, partisan de l'atomistique, fut violemment attaqué par des empiristes qui niaient l'existence réelle de l'atome.