Une querelle médicale du début du XIXe siècle : infectionnisme et contagionnisme, ou l'ambiguïté du rapport entre raison et progrès
2009
Grégory Bériet

Extrait de : "Concepts, cultures et progrès scientifiques et techniques, enseignement et perspectives (édition électronique)"
sous la direction de Gérard Pajonk ; 131e congrès national des sociétés historiques et scientifiques, Grenoble, 2006
Paris, Éditions du CTHS
2009
p. 23-33
Collection : Actes des congrès nationaux des sociétés historiques et scientifiques (édition électronique)

  Télécharger le document (les articles de plus de 3 ans sont gratuits)

Le mouvement de politisation de la médecine, de la fin du XVIIIe au début du XIXe siècle, se révèle marqué par une controverse entre les tenants du « miasme » et les partisans des techniques prophylactiques, entre ceux qui croient au caractère infectieux de la majorité des épidémies et ceux qui estiment que nombre d'entre elles ont un caractère contagieux. Loin de pouvoir se limiter à une querelle entre modernes et conservateurs, cette discorde permet une interrogation plus profonde sur les ambiguïtés d'une époque, extrêmement marquée par une conception univoque de la science, source première de développement socio-économique. En effet, les arguments des uns et des autres inscrivent les sciences médicales au cœur de la problématique sociale, politique et économique d'une époque où le progrès et la rationalité peinent à masquer les maux d'une société profondément inégalitaire.