La médecine catholique face à l'évolution des mœurs, d'après le Bulletin de la Société médicale de Saint-Luc, Saint-Côme et Saint-Damien (1884-1963)
2009
Pierre Guillaume

Extrait de : "Concepts, cultures et progrès scientifiques et techniques, enseignement et perspectives (édition électronique)"
sous la direction de Gérard Pajonk ; 131e congrès national des sociétés historiques et scientifiques, Grenoble, 2006
Paris, Éditions du CTHS
2009
p. 35-48
Collection : Actes des congrès nationaux des sociétés historiques et scientifiques (édition électronique)

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La Société de Saint-Luc, Saint-Côme et Saint-Damien se constitue en 1884 pour regrouper les médecins catholiques ; en 1963, elle se transforme en Centre catholique des médecins français d'inspiration plus moderne.
Son bulletin entend proposer des réponses aux interrogations que pose, aux médecins catholiques, l'exercice de leur métier, leur dire aussi ce que l'on peut accepter dans les idées nouvelles et ce que l'on doit rejeter. Les sujets d'inquiétude ou d'indignation abordés sont très divers. Certains sont philosophiques ou théologiques, le positivisme, le darwinisme, le miraculeux et l'irrationnel, l'inconscient, la souffrance et son sens. D'autres sont des problèmes de société, État providence et charité, éducation des filles, culte du corps et naturisme. D'autres encore relèvent des deux catégories, notamment ceux qui touchent à la procréation, au contrôle des naissances, à la contraception, à l'avortement.
Les opinions exprimées ne sont pas toujours tranchées et moins encore définitives. De belles certitudes sont remises en question sous l'influence de personnalités puissantes, Teilhard de Chardin, le R. P. Riquet, Françoise Dolto ou encore l'abbé Oraison. Après 1945, la Société apparaît parfois comme plus ouverte que l'ordre des médecins, longtemps dominé par le très conservateur Louis Portes, nommé par Vichy en 1942, réélu par ses pairs en 1946.