La construction de la modernité en voile à la fin du XIXe siècle
enjeux nautiques, enjeux de société - 2009
Denis Jallat

Extrait de : "Concepts, cultures et progrès scientifiques et techniques, enseignement et perspectives (édition électronique)"
sous la direction de Gérard Pajonk ; 131e congrès national des sociétés historiques et scientifiques, Grenoble, 2006
Paris, Éditions du CTHS
2009
p. 119-130
Collection : Actes des congrès nationaux des sociétés historiques et scientifiques (édition électronique)

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La voile est souvent considérée, à tort, comme une pratique ancrée dans la tradition. Or, il existe des moments dans l'histoire de la voile en France où cette référence absolue est questionnée. Elle est l'objet de débats, d'oppositions, voire de rejet par les pratiquants conduisant à de réelles ruptures. La modernité est alors utilisée comme justification à une volonté de renouvellement de l'activité. À la fin du XIXe siècle apparaissent des engins mais aussi des formes de pratique et des finalités qui bouleversent les normes « habituelles », remettent en cause leur hégémonie. Quels sont les enjeux poursuivis par ceux qui souhaitent transformer l'activité contre ceux qui défendent un conservatisme des valeurs nautiques ?
Les recherches menées montrent qu'à la fin du XIXe siècle la question de la modernité en voile s'inscrit dans un cadre plus large. Les yachtmen qui réforment l'activité portent aussi des projets de rénovation de la société. La voile version moderne sert alors d'outil pour renforcer leur position dans la société et diffuser leur « vison du monde » ; elle est mise au service de la modernisation du pays. De même, l'activité bénéficie des évolutions que connaît la société et auxquelles adhèrent une partie des pratiquants.