Invention du langage scientifique : terminologie et nomenclature des méduses
2009
Jacqueline Goy

Extrait de : "Concepts, cultures et progrès scientifiques et techniques, enseignement et perspectives (édition électronique)"
sous la direction de Gérard Pajonk ; 131e congrès national des sociétés historiques et scientifiques, Grenoble, 2006
Paris, Éditions du CTHS
2009
p. 133-136
Collection : Actes des congrès nationaux des sociétés historiques et scientifiques (édition électronique)

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Dès l'Antiquité, les méduses ont intéressé les savants et Aristote les appelle cnide, c'est-à-dire « qui pique » en grec. En son hommage, le phylum des Cnidaires est créé pour ces animaux urticants.
Au XVIIIe siècle, Linné choisit le nom de Medusa comme substantif générique et décrit les organes comme des étamines et des pistils. Cuvier accentue cette référence à la botanique avec le nom de Rhizostome - « qui a la bouche en forme de racines » - pour sa méduse du Poitou. François Péron réalise, en 1809, la première monographie des méduses après son voyage aux terres australes et ses séjours au Havre et à Nice. Ses descriptions des méduses australiennes reflètent encore l'influence de la botanique, tandis qu'à Nice il invente une terminologie plus adaptée à des animaux dont la géométrie et la symétrie radiaire le fascinent. Il propose comme noms de genres les noms des personnages liés à Méduse, faisant ressortir les analogies et établissant une terminologie et une nomenclature désormais fixées.