L'émigration pour la foi du Rochelais Elie Bouhéreau : une réussite ?
2009
Jean FLOURET

Extrait de : "Partir pour résister : s'expatrier pour sa foi ou ses idées (du XVIIe au XIXe siècle) (édition électronique)"
sous la direction de Régis Bertrand ; 130e congrès national des sociétés historiques et scientifiques, La Rochelle, 2005

Lucien GUIRLINGER, Jean FLOURET, Étienne BOURDON, Bernard BODINIER, Régis BERTRAND, Guy-Marie LENNE, Marita GILLI, Jeannine GIUDICELLI, Michel BOURRIER, Roger DURAND
Paris, Éditions du CTHS
2009
p. 17-25
Collection : Actes des congrès nationaux des sociétés historiques et scientifiques (édition électronique)

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Fils de pasteur, Elie Bouhéreau, né en 1643, fréquente l'académie protestante de Saumur, avant de commencer des études de théologie à Paris, rapidement interrompues au profit d'études médicales qu'il poursuit jusqu'au doctorat. Il s'installe à La Rochelle où il correspond avec de nombreux amis, collabore avec Conrart, mène une vie d'érudit. À partir de 1680, des inquiétudes apparaissent : les médecins catholiques veulent fonder à La Rochelle un collège de médecine qui doit aboutir à l'exclusion des réformés. Ainsi prend forme l'idée de changer de ville et même de métier, bien que les conseils donnés par les correspondants du médecin soient divergents. Enfin, deux lettres de cachet successives amènent Bouhéreau à prendre la décision de quitter la France. Le récit de l'évasion, romanesque, mais correspondant bien à d'autres récits de l'époque, a été écrit par la petite-fille du médecin, d'après une tradition familiale. Après avoir accompagné comme secrétaire à travers l'Europe Thomas Coxe, puis l'ancien représentant des protestants auprès de la Cour de France, Henri de Ruvigny, Bouhéreau devient conservateur de la bibliothèque publique fondée à Dublin par l'archevêque Marsh. Il sera inhumé dans la cathédrale de Dublin et ne reverra jamais la France. Ses enfants feront tous souche en Irlande.