La « glorieuse rentrée » des Vaudois (1689), un voyage militaire et spirituel
2009
Étienne BOURDON

Extrait de : "Partir pour résister : s'expatrier pour sa foi ou ses idées (du XVIIe au XIXe siècle) (édition électronique)"
sous la direction de Régis Bertrand ; 130e congrès national des sociétés historiques et scientifiques, La Rochelle, 2005

Lucien GUIRLINGER, Jean FLOURET, Étienne BOURDON, Bernard BODINIER, Régis BERTRAND, Guy-Marie LENNE, Marita GILLI, Jeannine GIUDICELLI, Michel BOURRIER, Roger DURAND
Paris, Éditions du CTHS
2009
p. 27-38
Collection : Actes des congrès nationaux des sociétés historiques et scientifiques (édition électronique)

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En août 1689, quatre ans après la révocation de l'édit de Nantes, un millier de Vaudois menés par le pasteur Henry Arnaud accomplirent un voyage singulier. Parti de Prangins, à quelques kilomètres de Genève, ils parcoururent trois cent quarante kilomètres dans les Alpes pour se rendre dans les vallées de Lucerne et Perrero, à l'Ouest de Pinerolo, où ils souhaitaient s'installer. Cette reconquête territoriale et spirituelle qui devait s'accomplir dans le plus grand secret, conduisit les voyageurs à des pratiques spatiales particulières, conditionnées par des stratégies d'évitement, le long de chemins et de cols détournés (parfois situés à plus de deux mille mètres d'altitude) dans un environnement montagnard qui recouvrait à leurs yeux une grande valeur symbolique. L'analyse que nous proposons tentera de cerner les spécificités de ce voyage par rapport aux autres formes de mobilité de la fin du XVIIe siècle, en mettant en lumière sa dimension religieuse, voire eschatologique, ainsi que ses aspects militaires. Pour cela nous nous appuieront sur un ensemble varié de sources textuelles (récits de voyage, mémoires, traités historico-théologiques du XVIIe siècle) et cartographiques.