Voyager pour survivre : une famille franco-suédoise (1780-1893)
2009
Michel BOURRIER

Extrait de : "Partir pour résister : s'expatrier pour sa foi ou ses idées (du XVIIe au XIXe siècle) (édition électronique)"
sous la direction de Régis Bertrand ; 130e congrès national des sociétés historiques et scientifiques, La Rochelle, 2005

Lucien GUIRLINGER, Jean FLOURET, Étienne BOURDON, Bernard BODINIER, Régis BERTRAND, Guy-Marie LENNE, Marita GILLI, Jeannine GIUDICELLI, Michel BOURRIER, Roger DURAND
Paris, Éditions du CTHS
2009
p. 97-105
Collection : Actes des congrès nationaux des sociétés historiques et scientifiques (édition électronique)

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Partir pour résister, s'expatrier pour ses idées... ou partir pour survivre ? La question mérite d'être posée : idéologie et struggle for life, les motivations s'imbriquent, que plusieurs de nos ancêtres ont connues, car il ne s'agissait pas de voyages d'agrément !
Le Corse Filidoro (1766-1851) se fit corsaire pour la République, refit campagne par fidélité à l'Empereur et, cassé pour ses idées repartit en Grèce avant de gagner l'Algérie afin de nourrir les siens (voyages que partagea pour les mêmes motifs son neveu Jean-Baptiste, ancien officier de la Garde impériale, alors que leur cousin le marquis Giuseppi choisissait d'émigrer dans les îles). À la génération suivante, son gendre Moritz de Branzell (1808-1852), sans travail en Suède, partit exercer des fonctions consulaires au Maghreb (où il se maria) non sans revenir plusieurs fois à Stockholm. Son fils Alexandre (1841-1893) s'en fut, dans l'optique du XIXe siècle finissant, porter « les bienfaits de la civilisation » en Indochine, voyages d'affaires qui firent sa fortune.
Des idées nobles, des besoins plus immédiats... quelles qu'aient été leurs raisons, nos ancêtres voyageurs témoignent à la fois d'une belle capacité d'adaptation et de la difficulté à nourrir une famille dans des pays pauvres.