Léonard de Vinci et l'art du début du XVI e siècle en France Le recours au modèle légitime-t-il la nouvelle production artistique ?
2009
Laure FAGNART

Extrait de : "Tradition et innovation en histoire de l'art (édition électronique)"
sous la direction de Jean-René Gaborit ; 131e congrès national des sociétés historiques et scientifiques, Grenoble, 2006

Dominique TRITENNE et Denis RIVAL, Roger HANOUNE, Ania GUINI-SKLIAR, Michel MARTZLUFF, Bernard LAUMONIER, Jean-Claude ALOISI, Elodie ISSAKHIAN, Laurence MACHET, Cédric AVENIER, Christine BLANCHET-VAQUE, Laure ALBERT, Laure FAGNART, Sandra COSTA, Sandrine KRIKORIAN, Rébecca DUFFEIX, Pierre SÉRIÉ, Christophe CORBIER, Hubert FRANÇOIS, France LECHLEITER,
Paris, Éditions du CTHS
2009
p.131-151
Collection : Actes des congrès nationaux des sociétés historiques et scientifiques (édition électronique)

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Au début du XVIe siècle, plusieurs artistes actifs en France empruntent des motifs à l'art de Léonard de Vinci. L'analyse de ces réminiscences léonardesques montre que plusieurs d'entre elles paraissent dans des ouvrages issus du milieu royal, réalisés principalement dans les années 1515-1530. La présence de ces échos s'explique par le fait qu'à cette époque les relations entre le maître italien et la royauté française sont fortement établies ; de plus, de nombreuses peintures de Léonard sont alors conservées en Touraine ; enfin, le souvenir du maître dans ces régions - l'Italien est mort au Clos Lucé en 1519 - est encore vif. Dès lors, dans la première moitié du XVIe siècle, les rois de France ont-ils utilisé la personnalité et les peintures de Léonard pour garantir leur programme culturel ? Nous le pensons puisque François Ier fait venir l'Italien en France. De plus, après lui avoir offert un logement et une pension confortables, il rassemble un ensemble exceptionnel de ses tableaux. En outre, l'art de Léonard s'avère l'une des sources d'inspiration des artistes actifs en Touraine, comme si le maître avait alors constitué un lien entre l'art italien et la nouvelle création française. Ainsi, en protégeant Léonard, en acquérant ses peintures et en commandant des œuvres qui présentent des réminiscences à son art, François Ier devient un mécène exceptionnel, le digne «Père des arts et des lettres».