Continuité, Tradition, Nouveauté : essai sur l'esthétique de Maurice Emmanuel
2009
Christophe CORBIER

Extrait de : "Tradition et innovation en histoire de l'art (édition électronique)"
sous la direction de Jean-René Gaborit ; 131e congrès national des sociétés historiques et scientifiques, Grenoble, 2006

Dominique TRITENNE et Denis RIVAL, Roger HANOUNE, Ania GUINI-SKLIAR, Michel MARTZLUFF, Bernard LAUMONIER, Jean-Claude ALOISI, Elodie ISSAKHIAN, Laurence MACHET, Cédric AVENIER, Christine BLANCHET-VAQUE, Laure ALBERT, Laure FAGNART, Sandra COSTA, Sandrine KRIKORIAN, Rébecca DUFFEIX, Pierre SÉRIÉ, Christophe CORBIER, Hubert FRANÇOIS, France LECHLEITER,
Paris, Éditions du CTHS
2009
p.202-212
Collection : Actes des congrès nationaux des sociétés historiques et scientifiques (édition électronique)

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Le compositeur Maurice Emmanuel (1862-1938), définissant par ces trois termes l'évolution de l'art, a tenté de résoudre le conflit entre les tenants d'une tradition académique et les adeptes d'un modernisme anti-traditionnel, en adhérant au mouvement « traditionniste », représenté également par le peintre Maurice Denis ou par les poètes Gustave Kahn et Francis Vielé-Griffin. Influencé par Wagner, il a été bouleversé par Debussy dès 1884. Emmanuel rejette lui-même à cette époque les préceptes académiques. Mais comment concilier les idées de ce génie individualiste avec l'enseignement qu'il reçoit auprès d'historiens appelant à un renouvellement de l'art, mais sans rupture, dans le respect de la tradition ? Emmanuel recourt à la chanson populaire, dont la science du XIXe siècle a prouvé qu'elle était liée à la Grèce antique. En se fondant sur les principes de l'art populaire, qui descend de l'art antique, l'artiste pourra légitimement créer un art nouveau. Cet art synthétique, dans le domaine musical, s'appuiera sur les modes musicaux. Leur intégration dans la musique tonale constituera alors un enrichissement considérable.