Autour de Jean Dupas : le renouveau classique à la Villa Médicis dans les années 1920
2009
France LECHLEITER

Extrait de : "Tradition et innovation en histoire de l'art (édition électronique)"
sous la direction de Jean-René Gaborit ; 131e congrès national des sociétés historiques et scientifiques, Grenoble, 2006

Dominique TRITENNE et Denis RIVAL, Roger HANOUNE, Ania GUINI-SKLIAR, Michel MARTZLUFF, Bernard LAUMONIER, Jean-Claude ALOISI, Elodie ISSAKHIAN, Laurence MACHET, Cédric AVENIER, Christine BLANCHET-VAQUE, Laure ALBERT, Laure FAGNART, Sandra COSTA, Sandrine KRIKORIAN, Rébecca DUFFEIX, Pierre SÉRIÉ, Christophe CORBIER, Hubert FRANÇOIS, France LECHLEITER,
Paris, Éditions du CTHS
2009
p.217-238
Collection : Actes des congrès nationaux des sociétés historiques et scientifiques (édition électronique)

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Traditionnellement considérée comme le dernier bastion de l'art classique, l'Académie de France à Rome prend, au début des années 20, un virage artistique inattendu, dont l'impulsion revient à Jean Dupas, Grand Prix de Rome de peinture de 1910. Autour de la figure tutélaire de Dupas et de ses recherches romaines (1910-1914 ; 1919), va se grouper un certain nombre d'artistes , pour la majorité issus de la Villa Médicis, qui formera le noyau dur d'un mouvement qualifié, tour à tour, par la critique, de « néoclassique », de « néo-ingriste » ou « d'académisme déguisé ». Se plaçant dans le contexte général du « retour à l'ordre » des années 1919-1925, la démarche de nos artistes en est cependant distincte par le fait qu'elle a été engendrée par la Tradition, principe fondamental de la doctrine académique. Elle sera cependant rejetée par la mère nourricière, l'Académie des beaux-arts, qui ne reconnaîtra pas, dans ces œuvres, ses valeurs plastiques et ses préceptes esthétiques.
Dès lors se pose la question de la place et de la légitimité de ce mouvement, entre innovation (avants gardes ?) et tradition (académique ?), au sein des productions artistiques de l'après-guerre dûment étudiées par l'histoire de l'art. Quel est ce nouvel ordre plastique proposé par Jean Dupas et ses « disciples » et quelles ont été ses conditions de création au sein de la Villa Médicis pendant les années de guerre ?