La mutation du métier de verrier vers le métier de vitrier en Provence vers le milieu du XVIe siècle
2009
Joëlle GUIDINI-RAYBAUD

Extrait de : "Les arts du feu (édition électronique)"
sous la direction de Nicole Meyer-Rodrigues et Michel Bur, 127e Congrès National des Sociétés Historiques et Scientifiques, Nancy, 2002

Yves HENIGFELD, Marie GLOC, Francis ROUSSEL, Joëlle GUIDINI-RAYBAUD, Marc LEROY, Richard HERBACH, Thierry VIOLLET, Philippe FLUZIN, Mireille-Bénédicte BOUVET, Claude MAZAURIC, Charles KRAEMER, Guillaume HUOT-MARCHAND, Martine VOIRIN, Murielle GEORGES-LEROY, Dominique HECKENBENNER, Bertrand HOERNER, Renée LANSIVAL, Nicolas MEYER, Édith PEYTREMANN, Marilyne PREVOT, Pascal ROHMER, Jean ROSEN, Henri AMOURIC, Lucy VALLAURI, Jean-Louis VAYSSETTES, Jean-Michel MINOVEZ, Christian LECOMTE, Jacques THIRIOT

2009
p.62-76
Collection : Actes des congrès nationaux des sociétés historiques et scientifiques (édition électronique)

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Le déclin de l'artisanat verrier en Provence s'amorce dès la deuxième moitié du XVIe siècle. Aux verrières imagées se substituent très vite des vitraux à peine décorés, dont la caractéristique de base est le « blanc ». Ceci est dû au changement de goût de la clientèle, mais est favorisé également par le renchérissement des ouvrages dû à la dévaluation constante de la monnaie, apparente dès 1530.
Émerge alors un artisanat simplement vitrier. Le vocabulaire utilisé dans les textes, autant pour qualifier les artisans que pour désigner leurs ouvrages, signale cette mutation dès le milieu du XVIe siècle et l'affirme au début du XVIIe siècle. La science de l'art du feu disparaît ; les apprentissages sont limités aux seules techniques de vitrerie. La peinture à l'émail sur verre, apparue dans la région à la fin du XVIe siècle, ne retarde que de peu la disparition du vitrail de couleur. Les quelques commandes de vitraux monumentaux figurés et colorés sont marginales et ne suffisent à maintenir l'activité verrière.
Tout au long du XVIIe siècle, les familles de vitriers supplantent celles des verriers, s'établissant dans les mêmes rues. Malgré ce changement, les ambitions sociales restent les mêmes, alors que les perspectives du métier évoluent. Les ateliers doivent faire face à une demande toujours accrue avec la généralisation de l'usage de la vitre dans les demeures privées.
La mise en place des corporations de vitriers au début du XVIIIe siècle marque l'aboutissement de cette mutation, et signe l'effacement du métier de verrier.